|
Le 23 octobre 2002, j'étais venue à Alger pour une
cytoponction à l'hôpital Parney. D'ailleurs le
rendez vous était "un don du ciel" parce que çà m'a
permis de te revoir et je remercie ma collègue Mlle
Boussaâ qui s'en est occupé et Docteur
Gherbi à qui je souhaite un prompt
rétablissement pour ses blessures suite au
malheureux accident dont elle a été victime. Elles
ont
été adorables ainsi que Mlle Ounzab; je les embrasse
toutes les trois.
Donc, après l'hôpital, j'ai débarqué à la maison et
c'est toi, mon bébé, qui m'a ouvert. J'étais très
heureuse de te voir; tu m'as dis alors: "
Kifach, hier soir j'étais avec toi au
téléphone et tu ne m'as pas dis que tu
venais?" Je t'ai répondu que je ne voulais pas
vous inquiéter et vous mobiliser, et puis, tu
connais papa; il n'aurait pas arrêté de faire
les cent pas en attendant que j'arrive.
D'autant plus que Lamine et les enfants ne
m'accompagnaient pas, boulot et école obligent.
Je t'ai dis: " Wach Tipous çà va?"
( toi, tu connais l'anecdote de Tipous que
j'ai raconté dans la partie relative à ton enfance). Alors, tu es
monté sur la pointe des pieds et tu m'as répondu en
rigolant: "regarde; j'ai grandi un peu!". Tu ne
m'avais jamais dis çà auparavant. C'est comme si tu
me disais: "regarde; je suis en train de monter vers
le ciel!" parce que cela s'est passé le 3 novembre,
juste 11 jours avant ton "Départ" du 14 novembre, Allah yerrahmek...
Quand je t'ai
demandé si çà se passait bien au Paradou, tu m'as
dis en souriant
: "Oui,
très bien, on est très à l'aise".
C'est vrai, qu'avec eux, tu avais gagné en sérénité
car l'ambiance y était (et y est toujours) très
saine. J'ai demandé aussi: "C'est bien çà, vous
êtes classés 4ème maintenant?" et tu m'as alors
appris que c'était le HAC ( Hydra AC) qui était 4ème
et que le PAC ( Paradou AC) venait juste après,
c'est à dire 5ème.
En
soirée, et en revenant de chez Maya, notre grande
soeur, les parents,
Ounassa la frangine et moi, je t'ai trouvé en short;
tu t'es levé tout de suite... Je t'ai demandé de me
laisser te faire un massage, tu m'as répondu que ce
n'était pas nécessaire... J'adorais masser les
beaux muscles de tes jambes (quand tu me laissais
faire, parce que tu étais très las), malheureusement, comme
j'habite loin, je n'ai pas eu beaucoup d'occasions
pour le faire. Alors j'ai insisté: " Ayya,
laisse moi te le faire"; tu as dis pareil: "khati,
sahha,
fihel";( non merci, c'est pas la peine.)...
Nous aurions parlé de choses et d'autres; surtout de
certaines choses...!... J'aurais tellement voulu;
Comme je le regrette...
En vérité, - j'ai compris çà plus tard - tu ne
voulais pas que je vois la cicatrice que tu
avais au genou et qui était due à ton
opération du ménisque subie au mois d'août dernier.
Vous m'aviez tous caché çà; pourtant, à cette
période là, j'appelais souvent pour avoir des
nouvelles de notre nièce Selma qui était malade....
Tu voyais aussi que j'étais un peu fatiguée...
Je suis partie me
coucher juste après; contrairement à ce
que je fais d'habitude, quand je viens à
Alger. J'étais fatiguée par le voyage et puis
je n'avais pas beaucoup dormi la veille. Il y
avait aussi les résultats de ces analyses (du
laboratoire) que j'appréhendais fortement...
Le lendemain
matin, avant que tu partes à tes entraînements,
et comme moi je devais revenir chez moi, à
Akbou, on
s'est fait la bise et on s'est dit au revoir.
En fait je t'ai embrassé très fort sur les
joues et sur le cou en te disant: "Humm, chhel
n'hebbek!"( humm, combien je t'aime!) en
appuyant sur n'hebbek. C'était la dernière
fois que je te voyais "Vivant". Pourquoi,
ne suis pas restée plus longtemps?...Je pleure
chaque fois que j'y pense ou que j'en parle
...
Allah yerrahmek Mimmi. Tu me manques tellement
et rien n'est plus comme avant... il y a notre
vie d'avant et notre vie d'après ce 14
novembre 2002.
|