Ta réaction face à
cette catastrophe était prévisible, connaissant ta
grande sensibilité; Tu ne pouvais pas te contenter
d'être triste
et de
pleurer ton ami et toutes les victimes
mais tu t'es investi corps et âme sur le
terrain. Tu ne partais pas à l'entraînement pour
pouvoir aider à retrouver les victimes, à déterrer
les corps ensevelis et à les enterrer. Tu
courais aussi dans tous les sens pour
réconforter les familles et leur proposer ton
aide... Tu faisais partie de
toutes ces personnes vaillantes et anonymes...!!!
Ton ami Karim a raconté à Yazid, le frangin, une
histoire qui m'a donné des frissons quand Yazid
me l'a racontée à son tour: Il a dit qu'à un
moment donné vous aviez les mains engourdies à
force de creuser et c'est là qu'il a suggéré de
se reposer un instant et de reprendre ensuite.
Tu lui avais répondu, alors, que ce n'était pas
le moment de s'arrêter,
qu'il fallait continuer pour "trouver" ainsi
"quelqu'un" pour vous enterrer à votre Départ... Je vais continuer plus tard,... si Dieu le veut.
Mardi le 11 novembre
2003.
Je reviens sur ce chapitre, des mois après
l'avoir entamé. Hier, le 10 novembre, cela
faisait deux ans que ces inondations meurtrières
ont eu lieu. Le bilan est très lourd et fait
très mal: près de 2000 morts, autant de familles
sinistrées et une cinquantaine de victimes
portées disparues; comme on peut le lire, entre
autres, sur le
quotidien "LE MATIN", dans le numéro d'hier, sur
un article intitulé "Bab El Oued n'a pas oublié"
...
La
maison familiale, à Notre Dame d'Afrique, a été
touchée; Le mur qui donne sur la rue menaçait de
s'écrouler sur les passants. Il aurait pu faire
d'autres victimes et il a fallu réguler la
circulation, quelques jours plus tard, pour le démolir sans faire trop de
dégâts... Le problème qui se posait juste après
était le manque de moyens pour le reconstruire,
car il n'était pas pensable de le laisser ainsi;...
Toi, P'tit
frère, comme à tes habitudes, tu ne pouvait pas
supporter d'assister à cette situation sans
intervenir. Malheureusement, entre ce que tu
voulais faire et ce que tu pouvais faire, il y
avait un obstacle et de taille...! Tu es parti
voir tes dirigeants de l'USMH, pour demander
qu'on te remette une partie de ta prime de
signature, tout en leur expliquant le pourquoi
et le comment de ta "requête"... Je suis sûre que
tu voulais utiliser une partie de cet argent
pour soulager un peu la détresse des sinistrés...
Tu pensais que c'était ton dû, et
qu'ils n'allaient pas te le refuser. Mais
erreur, ces Messieurs ne l'entendaient pas de
cette oreille et au lieu d'être compréhensifs,
ils ont refusé, sous prétexte qu'ils ne
pouvaient pas te faire de"faveur" et que tu
devais attendre comme tous tes coéquipiers... On
t'a "traité" comme si tu mendiais ce dû,
après tout ce que tu avais fait au sein de
l'équipe où tu ne ménageais pas du tout tes
forces et tout le monde le voyait match après
match ...
Tu étais
beaucoup trop fier pour accepter un pareil
"affront", d'autant plus que tu étais encore sous
le choc du décès de Rachid, Allah yerrahmou et
de tout ce que tu avais vu à Bab El Oued. Les
images des corps que tu aidais à retirer de sous
la boue te hantaient déjà beaucoup; C'était déjà
insoutenable... C'est alors que tu as décidé de
"claquer la porte" et de partir...
Sur le 2ème
N° du journal sportif "Le Buteur", il y avait un
article qui parlait "du divorce consommé entre l'USMH
et toi". Cet article je l'avais,
mais j'ai dû le perdre puisque je n'ai pas pu
remettre la main dessus, ...
Bref,
tu as demandé à partir au Paradou AC, sous forme
de prêt, parce qu'on t'avait déjà proposé, plus
tôt, de jouer pour eux. En début de la
saison suivante, tu n'as pas pu avoir ta libération,
d'El Harrach, facilement et je ne veux pas
rentrer dans les détails des malheureuses
tractations qui ont eu lieu à ce sujet...
Le
football, dans notre Pays, en est là ... et pire
encore...
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