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Du Paradou au Paradis! (In challah):      

 

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      C'est  ta   dernière photo;  elle a été prise lors de la première mi-temps de ce  dernier match disputé face à l'O Médéa (en phase aller), ce jeudi 14 novembre 2002, cet ultime jeudi, cet ultime jour de Ta Jeune Vie. Le 9ème jour du mois de Ramadhan, au milieu de l'après midi, dans un stade où l'affluence est visiblement faible...

      Tu "nous tourne déjà le dos", toi "le Chenoui", le champion, "le capitaine N°8" ... Tu as "déjà entamé" ton Départ;...

       Cette photo a été offerte, dans un grand cadre,  par les dirigeants de l'O Médéa (lors du match retour) à ceux du Paradou AC qui "nous" ont offert le cadre à leur tour ainsi que cette tenue que tu portais ce jour là et ce fameux brassard!!... Nous les remercions tous, les uns et les autres,  pour cette délicate attention, sans oublier "celui" qui l'a prise,... J'attendais cette photo - depuis que j'ai appris son existence - avec beaucoup d'émotion... et je viens de la recevoir;... je suis bouleversée,... j'imagine dans quel état étaient les parents, les frangins, frangines,...qui l'ont vue avant moi,...; ta dernière photo... et puis t'en vas...

       Cette journée du 14 novembre 2002, je ne peux pas la raconter parce que je ne la connais pas en entier. Je n'ai que des bribes éparses; à part le début et la fin de la journée, je ne sais pas grand chose. Je n'ai pas eu le courage de demander à tes camarades de m'en parler; chaque fois que je vais à Alger, je me promet de le faire mais je n'y arrive pas; c'est vraiment trop dur et je ne suis pas encore prête.

      

       Je sais qu'un jour, si Dieu le permet, je le ferai et qu'un jour j'irai à Médéa, dans ce stade où tu as disputé ton dernier match. Dans ce stade où tu as eu cette blessure et où tu as continué à jouer pendant 25 minutes (dans la souffrance???). On t'avait confié le brassard de capitaine et tu as voulu  l'honorer jusqu'au bout. Je ne veux ni blâmer, ni faire le procès de qui que se soit, je sais que nous sommes dans le tiers monde,...;

     

      C'est juste pour savoir, pour méditer et faire en sorte que des malheurs comme çà, ne se reproduisent plus. Pour que d'autres jeunes ne subissent plus le même sort, pour que d'autres familles ne vivent pas le même drame, la même douleur, la même déchirure... C'est vrai qu'il y a la foi pour nous aider, c'est vrai que nous croyons au destin mais quand tout est fait, comme il se doit, il y a moins de regrets et moins de remords...

      

       A défaut de parler de ta journée Mimmi ( mon bébé), je te raconte la mienne:

      

       Nous étions en grève ce jour là et comme j'habite un peu loin de mon lycée actuel; je ne me suis pas déplacée. En fin de matinée, on a parlé aux, infos, des réfugiés de Sangatte qui ont été reconduits chez eux et alors j'ai pensé à toi en me disant: "yakhi francise; loukan (ah, ces Français; s') ils lui ont donné son visa à Moussa, il serait déjà parti tenter sa chance". Parce qu'en effet, tu avais demandé un visa depuis avril dernier et tu n'avais pas encore eu de réponse....Je salue Rédha au passage et je le remercie...

      

       Dans l'après midi, je me suis allongée un peu et j'ai encore pensé à toi ( tu sais, qu'en fait, tu as toujours été très présent dans mon esprit et dans ma vie); tu sais à quoi je pensais? non? eh bien; à toutes ces photos que tu m'as données; je me disais qu'ils fallait que je les range toutes ensemble au lieu de les laisser mélangées à toutes les autres. Tu te rends compte quelle était terrible cette pensée? Je ne sais pas si tu croyais aux prémonitions, mais moi, maintenant, j'y crois plus que jamais. Je suis sûre que çà coïncidait avec le moment de cette blessure.

      

       Juste après çà, j'ai dis à Yasser, mon garçon, qui allait partir pour sa séance de sport et qui portait à ce moment ton kawi: "il faut bien le fermer au retour pour ne pas prendre froid". Il s'agissait de ce kawi que tu portais sur cette photo et que tu m'as donné il y a longtemps déjà. Je l'ai gardé intact car je ne l'ai porté que très rarement. J'ai laissé Yasser le mettre en attendant de lui acheter un manteau. A son retour, juste avant l'maghreb, il ne l'avait  pas sur lui; et en le voyant ainsi je lui ai reproché de ne pas m'avoir écouté. Il s'est arrêté, m'a regardé effaré et me dit: "maman, je l'ai oublié dans la salle de sport"; et là , je lui ai crié(ce smiley exagère un peu!): "Comment as-tu pu oublier le kawi de Khalik ( ton oncle) Moussa? demain, In challah, tu  le récupères"; ( ce qui n'a été fait qu'une semaine plus tard, à notre retour d'Alger). C'était au moment où, toi, tu arrivais à la maison.

      

       Juste avant de rompre le jêune, j'avais des palpitations sans savoir que toi, à ce moment là, tu avais  mal et tu souffrais beaucoup.

      

       Vers 23h 30', le téléphone sonne... et le ciel me tombe sur la tête....Quand j'ai repris mes esprits, je me suis mise à me pincer les bras et les jambes- et très fort- en me disant que ce n'était pas vrai; que ce n'était qu'un cauchemar et que j'allais me réveiller. Mais le cauchemar durait, durait...

 

 

       Quand j'ai commencé à écrire, pour ton site, j'ai essayé de"te raconter" à la 3ème personne, mais je n'y suis pas arrivée; les mots ne venaient pas... alors, je me suis mise, tout naturellement, à te parler directement, à toi, comme je l'ai toujours fait. Je t'aime... et le travail sur ce site est ce que j'ai fait de plus "motivant" et de plus douloureux de toute ma vie...

      

       Je me suis rendue compte, plus fort que jamais, que l'exil (l'ghorba), c'est d'être loin de sa famille et loin de ceux qu'on aime quel que soit l'endroit où l'on se trouve. Je suis chez moi, ici, en Kabylie, à environ 200 Kms d'Alger seulement et pourtant je ressent cet "exil". "Ourkerwighara..., Machbeâtekch..., je ne t'ai pas suffisamment vu" - quoique ce n'est jamais suffisant pour personne - toutes ces dernières années... Cà me rappelle cette chanson de David Hallyday qui dit:

  Tu ne m'as pas laissé le temps,

  De te dire tout ce que je t'aime

  Et tout ce que tu me manques;

On devrait toujours dire avant,

L'importance que les gens prennent,

Tant qu'il est encore temps;

  Tu ne m'as pas laissé le temps.

       Bien sûr qu'il y avait le téléphone qui me permettais de te dire que je t'aimais, que tu me manquais et que je t'embrassais très fort, mais ce n'était jamais assez, jamais suffisant!...

 

      

       Si je devais "te résumer", je dirais que tu étais: Sourire, Douceur, Humour, Amour, Tendresse, Gentillesse, Subtilité, Générosité, Piété, Humilité!!!!!...Je en voyant ce nombre de dix (10); çà me rappelle quelque chose; Oh, non!! pas les "dix commandements" de Sayidina Moussa; le prophète  Moïse (= Moussa) âalaïhi' Essalam !!... A propos, nous avons écouté sa sourate (La Génisse ou sourate el Baqara) pendant des heures, des semaines durant...

      

       Quand Papa, L'hadj, est venu nous voir avant le départ aux lieux saints, Lamine a eu envie de lui faire voir le film: "les dix commandements" et quand il m'a demandé ce que j'en pensais, j'ai beaucoup hésité et j'ai fini par être d'accord avec lui sur le fait que çà pouvait, peut- être, lui "faire du bien". Nous avons, alors, loué ce film et un lecteur vidéo pour la soirée, nous avons dîné tôt et nous nous sommes "installés"... Moi, je "surveillais" quand même Papa du coin de l'oeil, de crainte que se soit trop dur pour lui,... Il avait suivi,...on "sautait", bien sûr, certains passages et on lui traduisait certains autres... et puis, il s'est endormi avant la fin du film,...il était un peu fatigué par le voyage... je ne sais pas comment il a pris çà; il n'a rien dit. Je ne sais pas si nous n'avons pas fait une gaffe avec cette histoire. J'espère que non, ce serait vraiment dommage...

      

        ...et tes défauts? Des défauts??? Eh, bien! je n'en connais pas, je ne t'en connais aucun!!!..."La vérité, si je mens!"... ou c'est peut- être parce que je t'aime trop?!?!...

 

 C'est un ami, sur le Net, qui a envoyé ce bouquet pour  te rendre hommage et fleurir ton site. Merci Cyrille, c'est gentil et très touchant!!

 
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      C'est écrit dans l'article:"Benazzouz arrive chez lui quelques minutes avant la rupture du jêune. Il fait ses ablutions et prend le chemin de la mosquée pour faire sa prière comme d'habitude...". C'est vrai que c'est ce que tu faisais d'habitude, mais ce jour là, malheureusement, cela ne s'est pas passé ainsi: en vérité, tu n'as pas fais tes ablutions et tu n'as pas été à la mosquée; tu as utilisé le Tayyamoum, et avec l'aide de notre belle soeur Rabiâa. Ensuite tu as fait ta prière avec les yeux, tout en restant allongé, tellement tu souffrais.

      Après çà, tu n'as pas mangé avec toute la famille; en fait, il fallait te soutenir doucement par les épaules et t'aider à manger un peu; ce que d'ailleurs, tu as renvoyé juste après. Quant au reste de la famille; ils ont à peine goûté pour rompre le jeûne; qui aurait pu "souper" en te voyant dans cet état?

      Quelques jours plus tard, en vidant un sachet en plastique, j'ai trouvé des vol au vent secs et rassis; alors Fadèla, la belle soeur, me dit, les larmes aux yeux, que c'était ce qu'elles avaient préparé ce jour là et qui n'avait pas été mangé. Elle m'a dit, qu'il y avait aussi des boureks et que tu en as pris un peu parce que tu aimais çà; seulement tu n'as rien  gardé dans l'estomac.

      Nacèra, la plus jeune des frangines (celle qui est née juste avant toi), m'a raconté qu'avant que tu partes à l'hôpital, elle t'avait mis tes chaussettes, parce que tu ne pouvais pas te baisser pour le faire toi même. Tu étais assis et bien qu'elle le faisait délicatement, tu lui répétais:"slaâqel, slaâqel" ("doucement, doucement"); tellement tu avais mal à la moindre vibration...

     

     Je reviens sur le témoignage de Youcef Latrèche, et cette anecdote sur les bonbons, pour dire que même pour nous, ta famille, tu faisais pareil. Tu revenais, toujours, de chaque tournoi ou de chaque stage à l'étranger avec des bonbons et aussi, plein de petits cadeaux. Un jour je t'ai dis: "Moussa, il ne faut pas toujours faire çà; il ya tout ici et des bonbons pour les enfants suffisent largement. Garde cet argent pour toi et fais toi plaisir". Tu m'as répondu ceci: "mais soeurette, c'est çà qui me fais plaisir". J'ai répliqué: " Tu es un ange!...". Oui  tu étais ainsi!

      Je voudrais noter tout de même que Youcef, que j'aime bien, voulait sûrement dire quelque chose comme "chaâbi" et non "zaouali", quoi qu'être zaouali n'est pas une tare. L'essentiel dans la vie, c'est d'être honnête parce que "koulchi fani, ou maydoum ghir Allah". La vraie richesse, c'est celle que l'on peut avoir  dans le coeur et dans l'âme et çà, Moussa, tu en avais à revendre!!!...

       En fait, Papa, L'hadj (ou "Hadji", comme tu aimais l'appeler), Allah yedekrou bel khir, a toujours travaillé dur pour nous mettre à l'abri du besoin. Ce n'est que ces dernières années que des problèmes ont surgi avec son commerce (association oblige,...et çà te rendait malade. Tu es parti, petit frère, avec çà sur le coeur...). Notre père est un grand Homme et je lui rend, à l'occasion, un grand hommage. Tu l'adorais, nous aussi nous l'adorons et nous l'embrassons très fort. Je t'aime PAPA et je voudrais que tu saches que nous sommes fiers d'être tes enfants.

       Comme je l'ai déjà dis Moussa, de nous tous, c'est toi qui lui ressemblais le plus...!

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      Je reviendrai sur les événements de ces journées là ... Ce n'est pas facile à raconter et je ne sais pas si je vais y arriver...

 

       Je vais te raconter un truc incroyable et fou; le soir des funérailles, ( c'est dur de dire ce mot); donc ce soir du 16 novembre, nous étions dans la cuisine; Saïda la frangine, Fadéla la belle soeur et Nouzha une voisine et amie et moi; nous étions en train de parler de toi, de tes réflexions rigolotes, de tes blagues et de toutes tes mimiques et nous avons eu des fous rires... C'était terrible; je n'aurais jamais cru cela possible; mais il faut dire  que tu étais terrible toi aussi...!!! Et Saïda qui dit:"c'est pas normal, çà y est; S'barna?" J'ai répondu: "tu verras demain ". En fait c'est comme si Dieu  soulageait un peu, et pour un moment, notre douleur après cette journée dure et éprouvante que nous avons traversée (j'y reviendrai plus tard)... Ce n'est pas facile s'ber âlik ya laâziz; Allah yerrahmek....

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      Cet article nécessite quelques toutes petites rectifications que je ferai un peu plus tard.

   

     L'article suivant a été pris directement des archives du site du journal Liberté dont l'adresse est: www.liberte-algerie.com
RADAR (Edition du 16/11/2002)

Il jouait au club du Paradou AC (Hydra)
Une autre victime du terrain de foot
Par Rubrique Radar

En dépit du violent télescopage qu’il a eu avec un joueur adverse lors de la rencontre O Médéa- Paradou AC comptant pour la division régionale 1, le joueur de la formation du Paradou, Benazouz, a terminé le match.
Cependant, il s’est évanoui dans le bus transportant l’équipe sur Alger. Évacué en urgence à l’hôpital, Benazouz a fini par rendre l’âme. Il s’est avéré en effet qu’il souffrait d’une hémorragie interne.
Encore une fois, la question de la prise en charge de nos joueurs par les clubs employeurs doit donner à réfléchir aux responsables du football algérien.

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     Il est  écrit au 4ème paragraphe:"mat mahrouq âla sayara"; mais c'est un peu exagéré. Tu rêvais d'une voiture, effectivement (et qui n'en a pas rêvé un jour ou l'autre!?) et tu étais sur le point d'en acheter une. Tu aurais pu le faire plus tôt (même avec les galères de ces dernières années...), si tu ne pensais qu'à toi, ce qui n'était pas le cas. Tu avais le coeur sur la main et le Bonheur de ceux que tu aimais, passait avant le tien. Celui qui te connaissait, sait qu'en vérité tu es "parti mahrouq" pour deux choses aussi importantes, pour toi, l'une que l'autre:

    1-  Qu'on se souvienne du joueur talentueux que tu étais, qu'on te donne ta chance et qu'on te "reconnaisse"!!... D'ailleurs, malgré ma douleur, "je plains un peu" ceux qui ont eu, un jour l'occasion de te donner cette chance, mais qui ne l'ont pas fait!... Un journaliste (Mr Hasnaou), n'a t'il pas écrit, quand tu étais à l'USMH: "Benazzouz, l'homme aux quatre poumons..."??!!

     2- Faire oublier à papa tous ses soucis...

     On note aussi, qu'au début de ton dernier match,  le dernier jour de ta vie, tu as dis quand on t'a confié le brassard: "Cà fait plaisir; Chenoui capitaine". Tu te considérais encore, et toujours, comme un Chenoui. Ta loyauté envers le Mouloudia était à toute épreuve. "Plus loyal que çà, tu meurs!".... Donc, parce que tu n'avais jamais cessé - dans ton coeur - d'être un Chenoui, nous disons à tous les Chnaoua: "Mebrouk âlikoum  pour le retour en 1ère division (félicitation pour l'accession du MCA en DI )".

     Dans l'un des paragraphes, on lit que tu avais dis à un de tes coéquipiers, quelque temps auparavant (pas ce jour là): "Ellaâbou âlia, b'Rebbi, nettalâou hadh 'el mawsem" et çà, nous ne l'avons pas oublié. Nous sommes restés derrière le Paradou, à les encourager et à leur souhaiter bonne chance pour l'accession en D ll, d'autant plus qu'ils ne t'ont pas oublié. Nous étions contents à chacune de leur victoires; un peu comme si tu étais là avec eux et "L'Hamdou Lillah ( Dieu merci)" ton voeu s'est réalisé. Repose en paix petit ange...; Allah yerrahmek.

    J'en profite pour féliciter aussi l'ORB Akbou, ainsi que "nos" concitoyens Akbouciens, pour l'accession; "Mebrouk fellawen".

    Mebrouk à l'USMA et tout Soustara pour le Doublé: Championnat et Coupe d'Algérie.

    Allez, Pendant qu'on y est, on dit: "Mebrouk" à tous ceux qui ont accédé ou réussi leur challenge et pour les autres: bonne chance et bon courage pour la prochaine fois.

 
      L'équipe du magazine sportif Le Buteur, notamment Mr Hasnaou, nous ont fait graver, sur CD, l'article ci dessous, que j'avais lu le jour de sa parution mais que je ne retrouvais plus. Il y avait aussi trois (3) photos très précieuses et c'est Mr Aït Saâda qui nous l'a remis, lors de son passage ici, en Kabylie. Nous les remercions très vivement pour leur geste très sympathique.

      Cette nuit là, je n'ai pas beaucoup dormi et le lendemain, j'ai dû sortir de classe tellement j'avais la gorge serrée et le coeur gros, ... comme en ce moment d'ailleurs...

 

MARDI 19 NOVEMBRE 2002

Benazzouz inhumé. samedi

      C’est samedi en fin d’après-midi, après la prière d’El Assr, qu’a été inhumé le joueur du Paradou AC, Moussa Benazzouz, en présence d’une grande foule formée de sa famille, de ses amis et de ses proches. Le défunt,rappelons-le, a été rappelé à Dieu jeudi soir alors qu’il était transporté à l’hôpital pardes amis suite à un malaise qu’il a ressenti.

      L’autopsie effectuée par le médecin légiste sur le corps de Benazzouz a révélé que le décès est dû à un caillot de sang engendré par une hémorragie cérébrale. Vraisemblablement, l’hémorragie s’est faite lentement, ce qui explique que le joueur avait pu, continuer le match contre l’O Médéa après un téléscopage avec un défenseur médéen, puis rentrer chez lui et prendre le f’tour en famille le plus normalement du monde.

      Aussitôt que la nouvelle du décès de Moussa Benazzouz ébruitée, le domicile familial a vu défiler des dizaines, voire de centaines de personnes venues présenter leurs condoléances à la famille du défunt. Outre ses coéquipiers du Paradou AC, ses anciens coéquipiers au MCA et à l’USMH sont venus en force rendre un dernier hommage à celui qui avait été, un jour, leur coéquipier, sans oublier des joueurs et dirigeants de clubs de la DI, de la DII et de la Régionale I. Tout le monde se remémorait, avec une pointe d’émotion, les moments passés avec ce garçon que tout le monde s’accorde à qualifier de fils de bonne famille et surtout d’un homme de principe à forte personnalité. Ce qu’ils retiennent de lui, outre ses qualités morales indéniables, c’est surtout qu’il ne s’est jamais laissé marcher sur les pieds. Il en avait donné meilleur preuve durant son passage au MCA lorsque, devant le refus des dirigeants de ce club de lui donner son dû, il a préféré passer une année blanche plutôt que de se rabaisser. Même chose durant son passége à l’USMH où les dirigeants lui avaient refusé une somme d’argent pour qu’il puisse ériger un mur pour la maison familiale, touchée par les inondations du 10 novembre 2001.

Il rêvait d'Angleterre et de Saxo

     Ses coéquipiers du PAC paraisaient inconsolables. Benadji se rappelle que Moussa se mettait souvent devant un miroir et disait en riant : «N’est-ce pas que je mérite de vivre en Angleterre ?» A vrai dire, il rêvait souvent de partir embrasser une carrière à l’étranger. Naïm Ammoura, qui avait vu Benazzouz la soirée de son décès. «Il m’a parlé en souriant de la Saxo que je lui avait proposéd’acheter car il voulait se payer une voiture».

Capitaine quelques heures avant son décès

    En l’absence de Bouhila, le capitaine d’équipe habituel du PAC, Merzekane avait confié le brassard de capitaine à Benazzouz durant le match contre l’O Médéa. Il a été digne de cette responsabilité en donnant l’exemple sur et en dehors du terrain. Même l’arbitre de la rencontre, M. Affroune, s’st dit agréablement surpris par la personnalité attachante du défunt. A la fin de rencontre, il est rentré à Alger en compagnie du président et du médecin de l’équipe.

Un tournoi à sa mémoire chaque Ramadhan

      Si son père a pu se maîtriser en se montrant digne dans sa douleur, il n’en est pas de même pour son frère Yazid qui était très proche du défunt. «Comment m’imaginer vivre sans sa présence, moi qui ratait mes cours d’enseignant d’anglais à l’université pour aller le voir évoluier avec le MCA ?», répétait-il, tout en acceptant la volonté de Dieu.

Présent à l’enterrement, l’arbitre de la rencontre OM - PAC, M. Affroun, a déclaré que le rapport du match allait être rédigé avec le délégué et que le joueur allait bénéficier du capital décès. De son côté, M. Lafri, vice-président de Paradou, a annoncé la décision d’organiser, chaque mois de Ramadhan, un tournoi à la mémoire de Benazzouz en collaboration avec le MCA.

    Y. M.    

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 Cliquez pour agrandir       Je reviendrais un peu plus tard sur ces articles du journal sportif Echibak, in challah.

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       C'est en te voyant cette dernière fois, ce samedi là, ce samedi 16 novembre - nous disposions, à la maison, de quelques douloureuses minutes seulement, qui sont passées comme un éclair - que je t'ai dis que tu restes toujours "Vivant" avec nous, For Ever, que tu ne nous quittes pas, que tu ne nous quitteras pas... Je t'en ai fait la promesse...

      C'est là que j'ai pensé à ce site, j'ai pensé aussi préparer des expositions ou écrire ta biographie. En revenons d'Alger, au bout de la semaine que nous avions passée avec la famille (la grève dans le secteur de l'éducation, dans la Wilaya de Bejaïa, aidant...), j'ai ramené beaucoup de tes documents. J'en ai parlé à la famille et à des collègues,...

       Je trouvé, plus tard, qu'il ne fallait pas se disperser et j'ai opté, alors, pour le site Web. J'ai demandé à Yasser ton neveu s'il pouvait s'en occuper et il a répondu qu'il ferait de son mieux.

       En vérité l'idée du site sur toi, je l'ai eu déjà beaucoup plus tôt; alors que tu étais encore là. C'était à ton retour de ton dernier regroupement avec le MCA. Cà s'était passé au stade du "5 Juillet", la dernière semaine de juillet 2001 et çà a été une très dure épreuve pour toi avec tout se qui s'en est suivi. Je t'avais dis à ce moment là: "Mat'khemmemch, Moussa, ndirou'lek wahed es' site; wi' âoudou  yedjriw mourak" (on va te faire "un de ces site Web" et ils se mettront à "te courir derrière"...

       Je parlais, bien sûr, tout en étant pleine de rage et de dépit ; comment pouvait-  on faire une chose pareille à mon bébé???...

       Toi, tu t'es contenté de hausser les épaules sans rien dire. Je sais - parce que je te connais trop bien - que tu ne m'aurais jamais laissé faire (Daouia, la frangine me l'a confirmé  quand  je lui ai dis tristement, que j'aurais aimé l'avoir fait pendant que tu étais encore là,...). Tu étais beaucoup trop discret et modeste pour accepter...

       Bref, après ton Départ donc, et à ma visite à Alger pour passer l'Aïd Esghir avec la famille, j'ai ramené le plus gros de tes photos,... A la maison, on avait un peu peur pour moi, on craignait que je devienne dingue; mais, je ne pouvais pas le devenir, puisque je l'étais déjà... Seulement être dingue de toi, quand tu étais là, était  si doux!!...mais l'être après ton Départ, c'est tellement douloureux...

       J'ai appelé certains de tes amis, de tes coéquipiers, de tes entraîneurs,... Je renouvelle, d'ailleurs, mes remerciements à tous ceux qui ont répondu à l'appel, les autres je ne leur en veux pas parce que je sais que ce n'est pas évident pour tout le monde et puis les préoccupations, le boulot,... Enfin, pour ceux qui veulent bien, il n'est pas trop tard, l'appel est toujours lancé et j'ai besoin de savoir plein de détails.

        La veille de la veillée du 40ème jour et avant de partir à Alger, nous avons scanné - dans un cybercafé, ici à Akbou - la première série de photos pour ton site, Akirhem rebbi, agwma'âziz.. La 2ème série, c'était quelques jours plus tard, à notre retour,... Comme Lamine, ton beau- frère, a vu que ce projet  me tenait vraiment à coeur, il nous a offert un scanner et un graveur pour que nous ayons plus d'autonomie. Merci Lamine; tu es gentil!!...C'était une belle surprise!!...    

        Toujours est il que je voulais que ton site soit ouvert le 31 mars 2003 (tu aurais eu 27 ans ce jour là!!), comme je ne pouvais pas appeler pour te souhaiter un joyeux anniversaire... Seulement le travail était encore loin d'être fini - il ne l'est toujours pas! - et comme je voulais marquer ce jour;  j'ai réservé ton domaine, à ton nom, ce 31 mars là...

        Quelques jours avant l'ouverture du site, le mois de mai dernier et pour faire des essais nous avons affiché cette page pour faire patienter ceux qui étaient au courant et qui viendraient, éventuellement,  visiter...

     Ces condoléances du Paradou figurent sur la page d'accueil de leur site Web: www.pac.asso.dz cela nous a beaucoup touchés et nous les en remercions. Merci pour tout.

...AU REVOIR BENAZZOUZ ...
C'est avec une immense douleur que nous vous annonçons le décès de Benazzouz.
En effet, il nous a quitté il y a quelques jours pendant Ramdhane.
Le personnel, les dirigeants ainsi que le staff technique, présentent à sa famille leurs sincères condoléances et les assurent en cette douloureuse circonstance de leur profonde sympathie.
Que Dieu tout puissant lui accorde sainte miséricorde et l'accueille en son vaste paradis

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      C'est Yazid qui a envoyé cette pensée au quotidien Le Matin pour les 40 jours. C'est terrible, tes yeux, sur cette photo, sont tellement expressifs, tellement doux et perçants.