Quelle petit mot pour une si grande signification !

On dit que la liberté des uns se termine la ou commence la liberté des autres ,et on dit aussi que la liberté s'arrache et ne se donne pas .combien de peuples ont lutés pour sortir des griffes de l'esclavage et du colonialisme.

Depuis la nuit des temps l'homme a toujours combattus pour sa liberté et pour avoir une vie meilleure, ce qui a infligé beaucoup de souffrance pour tous ceux qui veulent changer leur monde pour un autre ou règnent l'égalité ,la sérénité ,l'amour et le respect . prenons exemple de nelson mandéla qui a donné presque la moitié de sa vie rien que pour ses idées qui combattent le rassisme et l'esclavage.

Autre exemple de lute pour l'égalité raciale, Martin luter-king qui a payé e sa vie a la fleur de l'âge pour que ses ferres vivent dans la dignité et prétendre a une scolarité égale a celle de la race blanche,

Comme l'a déjà dit quelqu'un le soleil luit pour tout le monde ,et après la pluie viens toujours le beau temps

 

 

 

Eluard, Paul (1895-1952, pseudonyme d'Eugène Grindel), poète français qui joua un rôle important au sein du mouvement surréaliste. Obligé d'interrompre ses études pour rétablir sa santé gravement menacée (1912), il fut néanmoins mobilisé en 1914, puis publia ses premiers poèmes, marqués par son adhésion aux idées pacifistes (le Devoir et l'Inquiétude, 1917 ; Poèmes pour la paix, 1918). Au lendemain de la Grande Guerre, il fit la connaissance de Breton, d'Aragon, de Soupault, de Tzara, de Magritte, de Man Ray, ou encore de Miró, et participa au mouvement Dada (les Animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux, 1920 ; les Nécessités de la vie et les Conséquences des rêves, 1921), avant d'être admis dans le groupe de Littérature et de s'engager dans l'aventure surréaliste (Mourir, ne pas de mourir, 1924). Au cours d'un voyage autour du monde, il fit la rencontre de Maria Benz (Nusch), qui devint sa muse et qui lui inspira certains de ses plus beaux poèmes d'amour (Capitale de la douleur, 1926 ; l'Amour, la poésie, 1929 ; la Vie immédiate, 1932). Entré au Parti communiste en 1926, il en fut exclu en 1933, mais n'en milita pas moins pour une poésie sociale et accessible à tous (les Yeux fertiles, 1936 ; Cours naturel, 1938 ; Donner à voir, 1939), prit position en faveur de l'Espagne républicaine (la Victoire de Guernica, 1938), puis, s'engagea dans la Résistance et publia plusieurs ouvrages dans la clandestinité (parmi lesquels Poésie et Vérité 1942, qui comprend le célèbre poème "Liberté" ; les Sept Poèmes d'amour et de guerre, 1943 ; les Armes de la douleur, 1944). Outre ses autres recueils poétiques (Poésie ininterrompue, 1946 ; Corps mémorables, 1947 ; Tout dire, 1951), dans lesquels il se révéla un remarquable créateur d'images ("La terre est bleue comme une orange"), on lui doit une Anthologie de la poésie du passé (1951).

... Un coeur n'est juste que s'il bat au rythme des autres coeurs.

C'est à partir de toi que j'ai dit oui au monde.

Ce qui a été compris n'existe plus.

Chacun est l'ombre de tous.

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer Liberté.

Il faut toujours abuser de sa liberté.

Il n'y a pas d'enthousiasme sans sagesse, ni de sagesse sans générosité.

Il n'y a pas de grandeur pour qui veut grandir. Il n'y a pas de modèle pour qui cherche ce qu'il n'a jamais vu.

Il n'y a qu'une vie c'est donc qu'elle est parfaite.

Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d'autre.

Il nous faut peu de mots pour exprimer l'essentiel; il nous faut tous les mots pour le rendre réel.

J'ai eu longtemps un visage inutile, mais maintenant j'ai un visage pour être aimé, j'ai un visage pour être heureux.

Jeunesse ne vient pas au monde elle est constamment de ce monde.

L'homme n'est pas vieux comme le monde, il ne porte que son avenir.

Le jour est paresseux mais la nuit est active.

Mieux vaut mourir d'amour que d'aimer sans regrets.

Nous n'irons pas au but un par un mais par deux.

On a le monde derrière soi et devant soi. L'oeuvre accomplie est oeuvre à faire, car, le temps de se retourner, elle a changé.

On transforme sa main en la mettant dans une autre.

Par la caresse nous sortons de notre enfance mais un seul mot d'amour et c'est notre naissance.

Pleure: les larmes sont les pétales du coeur.

Vieillir c'est organiser
Sa jeunesse au cours des ans.

Voici demain qui règne aujourd'hui sur la terre.

«Le bien et le mal doivent leur origine à l'abus de quelques erreurs.»

 

 

LIBERTE

 

Sur mes cahier d'écolier    

Sur mon pupitre et les arbres

Sur le sable sur la neige     

J'écris ton nom

 

Sur toute les pages lues       

Sur toute les page blanches

Pierre sang papier ou sandre

J'écris ton nom

 

Sur les images dorées

Sur les armes des guerriers

Sur la couronne des rois

J'écris ton nom

 

Sur les nids sur les genets

Sur la jungle et le désert

Sur l'écho de mon  enfance

J'écris ton nom

 

Sur les merveilles des nuits

Sur le pain blanc des journées

Sur les saisons fiancées

J'écris ton nom

 

Sur tous les chiffons d'azur

Sur l'étang soleil moisi

Sur le lac lune vivante

J'écris ton nom

 

 

Sur les champs sur l'horison

Sur les ails des oiseux

Et sur le moulin des ombres

J'écris ton nom

 

Sur chaque bouffée d'aurore

Sur la mer sur les bateaux

Sur les montagnes démente

J'écris ton nom

 

Sur la mousse des nuages

Sur la sueurs de l'orage

Sur la pluie épaisse et fade

J'écris ton nom

 

Sur les formes scintillantes

Sur les cloches des couleurs

Sur la vérité physique

J'écris ton nom

Sur les entiers éveillés

Sur les routes déployées

Sur les places qui débordes

J'écris ton nom

 

 Sur mon chient gourmand et tendu

 Sur ses oreilles dressées 

Sur sa patte maladroite

J'écris ton nom

 

Sur le tremplin de ma porte

Sur les objets familiers

Sur le flot du feu béni

J'écris ton nom

 

Sur toute chair accordée

Sur le front de mes amis

Sur chaque main qui se tend

J'écris ton nom

 

Sur la vitre des surprises

Sur les lèvres attentives

Bien au-dessus du silence

J'écris ton nom Sur mes refuges détruits

Sur mes phares écroulés

Sur les murs de mon ennui

J'écris ton nom

 

Sur l'absence son désires

Sur la solitude nue

Sur les marches de la mort

J'écris ton nom

 

Sur la santé revenue

Sur le risque disparu

Sur l'espoir sans souvenirs

J'écris ton nom

 

Et par le pouvoir d'un mot

Je recommence ma vie

Je suis née pour te connaître

Pour te nommer

           LIBERTE

 

 

J'appelle libre, quant à moi, une chose qui est et agit par la seule nécessité de sa nature ; contrainte, celle qui est déterminée par une autre à exister et à agir d'une certaine façon déterminée. (.) Vous le voyez bien, je ne fais pas consister la liberté dans un libre décret mais dans une libre nécessité.
Pour rendre cela clair et intelligible, concevons une chose très simple: une pierre par exemple reçoit d'une cause extérieure qui la pousse, une certaine quantité de mouvement et, l'impulsion de la cause extérieure venant à cesser, elle continuera à se mouvoir nécessairement. Cette persistance de la pierre dans le mouvement est une contrainte, non parce qu'elle est nécessaire, mais parce qu'elle doit être définie par l'impulsion d'une cause extérieure. Et ce qui est vrai de la pierre il faut l'entendre de toute chose singulière, quelle que soit la complexité qu'il vous plaise de lui attribuer, si nombreuses que puissent être ses aptitudes, parce que toute chose singulière est nécessairement déterminée par une cause extérieure à exister et à agir d'une certaine manière déterminée.
Concevez maintenant, si vous voulez bien, que la pierre, tandis qu'elle continue de se mouvoir, pense et sache qu'elle fait effort, autant qu'elle peut, pour se mouvoir. Cette pierre assurément, puisqu'elle a conscience de son effort seulement et qu'elle n'est en aucune façon indifférente, croira qu'elle est très libre et qu'elle ne persévère dans son mouvement que parce qu'elle le veut.
Telle est cette liberté humaine que tous se vantent de posséder et qui consiste en cela seul que les hommes ont conscience de leurs appétits et ignorent les causes qui les déterminent. Un enfant croit librement appéter le lait, un jeune garçon irrité vouloir se venger et, s'il est poltron, vouloir fuir. Un ivrogne croit dire par un libre décret de son âme ce qu'ensuite, revenu à la sobriété, il aurait voulu taire. De même un délirant, un bavard, et bien d'autres de même farine, croient agir par un libre décret de l'âme e non se laisser contraindre.

 

citation(s) / poeme(s) n° 2063:  Baruch Spinoza  [présentation et images], (Amsterdam, 1632 - La Haye, 1677).,  Philosophe hollandais, Philosophie

 

Lettre LVIII à Schuller

Citations :   Liberté

"La religion et le clergé ont été et peut-être resteront, pour longtemps encore, parmi les plus importants ennemis du progrès et de la liberté."
(Khristo Botev / 1849-1876 / Le drapeau, 1875)

"Il y a des prisons qui ont des barreaux, de solides barreaux qu'on voit et qu'on peut scier. Et celles qui en ont d'invisible qu'on ne peut saisir et secouer de rage, tandis que souriant on vous dit: "Mais vous êtes libres, la porte est ouverte, vous pouvez sortir..."
(Claude Buffet / 1933-1972 / quelques mois avant d'être guillotiné)

"Car devant Dieu, il y a moins un problème de liberté qu'un problème du mal. On connaît l'alternative : ou nous ne sommes pas libres et Dieu tout-puissant est responsable du mal. Ou nous sommes libres et responsables, mais Dieu n'est pas tout-puissant."
(Albert Camus / 1913-1960 / Le mythe de Sisyphe)

"Ce qu'on a appelé "liberté de conscience", au long de l'Histoire, c'est la liberté, pour les insatisfaits du culte officiel massivement majoritaire dans un certain pays, de pratiquer une religion différente, généralement simple version légèrement déviante du culte officiel, à proprement parler : une hérésie.
Il n'a jamais été question de liberté de conscience pour les non-croyants. Quand le protestantisme version Calvin se fut imposé à Genève comme religion dominante, le simple soupçon d'athéisme vous conduisait au bûcher plus sûrement que la persistance dans la religion catholique, devenue à son tour "hérésie"."
(François Cavanna / né en 1926 / Lettre ouverte aux culs-bénits)

"La liberté consiste à faire tout ce que permet la longueur de la chaîne."
(François Cavanna / né en 1926 / 4 rue Choron)

"Pendant des siècles des esprits se sont battus et ont risqué leur vie pour se libérer de Dieu.
Et nous, au milieu du XXe, nous regrettons les chaînes qu'Il représentait et ne savons que faire d'une liberté pour laquelle nous n'avons fait aucun sacrifice, que nous n'avons pas conquise.
Nous sommes les héritiers ingrats de l'athéisme héroïque, les épigones de la révolte, une masse de rebelles qui déplorent secrètement la disparition des "superstitions", des "préjugés" et des anciennes "terreurs"."
(Emile Michel Cioran / 1911-1995 / Carnets 1957-1972)

"La France est catholique parce que la femme est catholique. Et la femme est catholique parce qu'elle n'est pas libre."
(Georges Darien / 1862-1921 / La Belle France / Voleurs ! / 1900)

"On devient athée, non pas pour adopter de nouvelles croyances, mais pour devenir libre!"
(Mathieu Delarue)

"C'est dans l'homme, dans sa raison et dans sa liberté qui constituent sa dignité, qu'il faut fonder les principes du respect de l'autre, non dans une divinité."
(Luc Ferry)

"Homme faible et vain! tu prétends d'être libre ; hélas ! ne vois-tu pas tous les fils qui t'enchaînent? Ne vois-tu pas que ce sont des atomes qui te forment, que ce sont des atomes qui te meuvent, que ce sont des circonstances indépendantes de toi qui modifient ton être et qui règlent ton sort ? Dans une nature puissante qui t'environne, serais-tu donc le seul être qui pût résister à son pouvoir? Crois-tu que tes faibles voeux la forceront de s'arrêter dans sa marche éternelle, ou de changer son cours?"
(Paul-Henri, baron d'Holbach / 1723-1789 / Système de la nature)

"Aimez et pensez librement. Le reste regarde Dieu."
(Victor Hugo / 1802-1885 / Choses vues / 1887)

"Referme ton Coran. Pense et regarde librement le ciel et la terre."
(Omar Khayyâm / 1048-1122 / Rubayat)

"Ecartons les croyances, la foi, les dogmes, les rituels, les prières et toutes les activités de ce genre. On doit être totalement libre de ces choses pour avoir une perception claire et objective."
(Jiddu Krishnamurti / 1895-1986 / Bulletin du Krishnamurti Foundation Trust Ltd / 1981)

"Le domaine de la liberté commence là où s'arrête le travail déterminé par la nécessité."
(Karl Marx / 1818-1883)

"La seule liberté digne de ce nom est celle de travailler à notre propre bien de la manière qui nous est propre, pour autant que nous ne cherchions pas à en priver les autres ou à leur faire obstacle dans leurs efforts pour l'obtenir."
(John Stuart Mill / 1806-1873 / De la liberté / 1859)

"La plus belle réussite d'un dandy est l'emploi de son temps, et non son argent. Car il méprise l'or dans lequel croupissent les bourgeois: son chef-d'oeuvre est sa liberté, l'acquisition de sa liberté."
(Michel Onfray / né en 1959)

"... les jeunes filles voilées, même si elles se réclament de la liberté - quel aliéné reconnaît d'ailleurs son aliénation ? c'est son principe même et sa signature que de se parer des plumes du libre choix ! -, sont des victimes en bout de course là où, très en amont, se trouvent les véritables protagonistes de cette affaire. Va pour le voile - le pétard et le trottoir -, mais pas pour les caïds qui manipulent les marionnettes."
(Michel Onfray / né en 1959 / La philosophie féroce / 2004)

"Les trois monothéismes - je dis bien les trois - professent fondamentalement une même détestation des femmes, des désirs, des pulsions, des passions, de la sensualité et de la liberté, de toutes les libertés."
(Michel Onfray / né en 1959)

"Le capitalisme réclame la disparition des lois sociales, au titre de la liberté d'entreprendre, et soutient la pénétration religieuse comme "supplément d'âme", destiné à panser les plaies."
(Henri Pena-Ruiz / Conférence "Laïcité contre Pensée Unique" / 18/03/2000)

"La laïcité est une valeur essentielle, avec ce souci de la liberté de conscience et de l'égalité de tous les hommes, qu'ils soient croyants, athées ou agnostiques. L'idéal laïc n'est pas un idéal négatif de ressentiment contre la religion. C'est le plus grand contresens que l'on puisse faire sur la laïcité que d'y voir une sorte d'hostilité de principe à la religion. Mais c'est un idéal positif d'affirmation de la liberté de conscience, de l'égalité des croyants et des athées et de l'idée que la loi républicaine doit viser le bien commun et non pas l'intérêt particulier. C'est ce qu'on appelle le principe de neutralité de la sphère publique."
(Henri Pena-Ruiz, philosophe / MAIF infos septembre 2003)

"Que l'école reste ouverte à tous, qu'elle fasse profession d'élever l'esprit à la liberté de jugement, qu'elle n'impose aucun autre message particulier que celui de liberté d'une instruction émancipatrice suppose une application stricte de la laïcité."
(Henri Pena-Ruiz / Interview pour le Journal L'Humanité / 11/12/2003)

"Pour construire un projet de société, n'ayons pas peur d'affirmer nos valeurs et dire que la liberté c'est l'émancipation."
(Henri Pena-Ruiz, philosophe / MAIF infos septembre 2003)

"Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie."
(Jacques Prévert / 1900-1977 / Spectacle)

"Quiconque me parle de Dieu en veut à ma bourse ou à ma liberté."
(Pierre Joseph Proudhon / 1809-1865)

"La liberté, pour l'homme consiste à faire ce qu'il veut dans ce qu'il peut, comme sa raison consiste à ne pas vouloir tout ce qu'il peut."
(Rivarol / 1864-1910 / discours De l'homme intellectuel et moral)

"Renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité d'homme."
(Jean-Jacques Rousseau / 1712-1778 / Du Contrat Social / 1752)

"Conscience ! Conscience ! Instinct divin, immortelle et céleste voix ; guide assuré d'un être ignorant et borné, mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal, qui rend l'homme semblable à Dieu."
(Jean-Jacques Rousseau / 1712-1778 / L'Emile / 1762)

"Un peuple est libre quand il ne peut être opprimé ni conquis, égal quand il est souverain, juste quand il est réglé par des lois."
(Antoine de Saint-Just / 1767-1794 / L'esprit de la révolution)

"Un peuple qui a dompté sa superstition a beaucoup fait pour sa liberté..."
(Antoine de Saint-Just / 1767-1794 / L'esprit de la révolution)

"Chez les peuples vraiment libres, les femmes sont libres et adorées."
(Antoine de Saint-Just / 1767-1794 / L'esprit de la révolution)

"Pas de liberté pour les ennemis de la liberté."
(Antoine de Saint-Just / 1767-1794)

"Les signes (ou insignes) religieux, voile, croix, kippa reflètent-ils seulement la liberté de celui (ou celle) qui le porte ? A l'évidence, non : ils manifestent aussi une soumission (même volontaire) à un ordre, ils sont la marque mise par les prêtres (car Dieu ne parle que par leur intermédiaire) sur un corps, non l'énoncé d'une foi, toujours plus ou moins intime et secrète."
(Danièle Sallenave / née en 1940 / dieu.com / 2004)

"Le secret douloureux des Dieux et des rois : c'est que les hommes sont libres."
(Jean-Paul Sartre / 1905-1980 / Les mouches)

"Quand une fois la liberté a explosé dans une âme d'homme, les dieux ne peuvent plus rien contre cet homme-là."
(Jean-Paul Sartre / 1905-1980 / Les mouches)

"Si, en effet, l'existence précède l'essence, on ne pourra jamais expliquer par une référence à une nature humaine donnée et figée; autrement dit, il n'y a pas de déterminisme, l'homme est libre, l'homme est liberté, l'homme est condamné à être libre. Condamné, parce qu'il ne s'est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre, parce qu'une fois jeté dans le monde, il est responsable de ce qu'il fait."
(Jean-Paul Sartre / 1905-1980 / L'existentialisme est un humanisme)

"L'homme libre ne pense à rien moins qu'à la mort, et sa sagesse est une méditation, non de la mort, mais de la vie."
(Baruch Spinoza / 1632-1677 / L'Ethique, Livre IV, proposition 67)

"Les Hommes naissent libres et égaux en droit.
Après, ils se démerdent."
(Jean Yanne / 1933-2003)

L'homme est libre ; mais il trouve sa loi dans sa liberté même.
Beauvoir (Simon)
 

Résistance et obéissance, voilà les deux vertus du citoyen. Par l'obéissance il assure l'ordre ; par la résistance il assure la liberté.
Alain (Émile Chartier)
 

Vous aimez la liberté ? Elle habite la campane.
(Amáis la libertad ? El campo habita.)
Bello (Andrés)
 

Un être ne se sent obligé que s'il  est libre, et chaque obligation, prise à part, implique la liberté.
Bergson (Henri)

 

 Agir librement, c'est reprendre possession de soi, c'est se replacer dans la pure durée.
Bergson (Henri),
 

Un monde gagné pour la Technique est perdu pour  la  Liberté.
Bernanos (Georges


L'ordre et les dieux meurent dès qu'un seul homme a poussé son accomplissement jusqu'au terme de la liberté.
Blanchot (Maurice)
 

Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté, doit commencer par leur garantir l'existence.
Blum (Léon),

Pour avoir voulu libérer, il rend esclave
Bonnefoy (Yves

Le manteau de la liberté sert à couvrir nombre de petites chaînes.
Brosses (Charles de

La liberté n'existe que là où l'intelligence et le courage parviennent à mordre sur la fatalité.
Caillois (Roger

Si l'homme échoue à concilier la justice et la liberté, alors il échoue à tout.
Camus (Albert)
 

Liberté mon seul pirate.
Césaire (Aimé)
 

La liberté qui capitule, ou le pouvoir qui se dégrade, n'obtient point merci de ses ennemis.
Chateaubriand (François René, vicomte de)
 

Mon désir n'est pas de créer l'ordre, mais le désordre au contraire au sein d'un ordre absurde, ni d'apporter la liberté, mais simplement de rendre la prison visible.
Claudel (Paul)

 

 Il ne nous manque qu'un petit rien Pour être libres, aussi libres que les oiseaux                     :
rien qu'un peu de temps.
(Uns fehlt nur eine Kleinigkeit, um so frei zu sein, wie die Vögel sind :Nur Zeit.)
Dehmel (Richard)
 

Je crains plus la réputation que je ne la désire, estimant qu'elle diminue toujours en quelque façon la liberté et le loisir de ceux qui l'acquièrent.
Descartes (René),
 

Je mettais entre les excès toutes les promesses par lesquelles on retranche quelque chose de sa liberté
Descartes (René)
 

La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui [...]
droits de l'homme et du citoyen
 

Et la vérité vous fera libres.
Évangiles
 

Nommez-vous liberté licence au populaire
De faire impunément tout ce qu'il voudra faire ?
Garnier (Robert)
 

La liberté n'est pas au commencement mais à la fin. La liberté est le fruit du bon ordre.
Gaxotte (Pierre)
 

Celui-là seul mérite la liberté et la vie
Qui doit chaque jour les conquérir.

(Nur der verdient sich Freiheit wie das Leben,
Der täglich sie erobern muß.)
Goethe (Johann Wolfgang von
 

Quand la liberté rentrera, je rentrerai.
Hugo (Victor)
 

Mangez, moi je préfère,
Probité, ton pain sec.
[...]
Mangez, moi je préfère,
Ô gloire, ton pain bis.
[...]
Mangez, moi je préfère,
Ton pain noir, liberté !
Hugo (Victor)

 

...] Sachant que c'est à l'ironie
Que commence la liberté.
Hugo (Victor)
 

La liberté d'aimer n'est pas moins sacrée que la liberté de penser. Ce qu'on appelle aujourd'hui l'adultère est identique à ce qu'on appelait autrefois l'hérésie.
Hugo (Victor)
 

Donner la liberté au monde par la force est une étrange entreprise pleine de chances mauvaises.
Jaurès (Jean)
 

Soyez résolus de ne servir plus, et vous serez libres.
La Boétie 

 

La nécessité de rechercher le véritable bonheur est le fondement de notre liberté.
(The necessity of pursuing true Happiness is the foundation of liberty.)
Locke (John)

 La liberté appartient à ceux qui l'on conquise.
Malraux (André)
 

L'histoire de l'humanité est un mouvement constant du règne de la nécessité vers le règne de la liberté.
Mao Zedong,
 

Où l'esprit est divin et véhément
La liberté y est parfaitement.
Marguerite d'Angoulême (Navarre),
 

Quand la vérité est libre, et l'erreur aussi, ce n'est pas l'erreur qui triomphe.
Martin du Gard (Roger)
 

On est plus libre à proportion qu'on est meilleur.
Maurras (Charles)

 

 La tyrannie du Moyen Âge commença par la liberté. Rien ne commence que par elle.
Michelet (Jules)
 

L'homme ne doute de sa liberté que parce qu'il ignore l'étendue immense du pouvoir de l'amour.
Milosz             
 

La préméditation (méditation préliminaire) de la mort est préméditation de la liberté. Qui a appris à mourir, il a désappris à servir.
Montaigne
 

La vraie liberté, c'est de pouvoir toute chose sur soi.
Montaigne

 

 La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent.

Montesquieu

 

Tous les hommes sont des bêtes ; les princes sont des bêtes qui ne sont pas attachées.
Montesquieu

Tout homme doit être poli ; mais il doit aussi être libre.
Montesquieu

La liberté existe toujours. Il suffit d'en payer le prix.
Montherlant

La liberté est pour la  Science ce que l'air est pour l'animal.
Poincaré

La vie d'un homme, la liberté d'un homme a si peu d'importance dès qu'elles cessent d'être des valeurs infinies.
Romains (Jules)
 

Liberté, liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs !
Rouget de Lisle

  

 L'espèce de bonheur qu'il me faut, ce n'est pas tant de faire ce que je veux que de ne pas faire ce que je ne veux pas.
Rousseau (Jean-Jacques)
 

C'est dans la plus grande fortune qu'on a le moins de liberté : elle interdit la partialité, la haine et surtout la colère.
(In maxuma fortuna minuma licentia est                 : neque studere , neque odisse, sed minume irasci decet.)
Salluste,
 

Un homme ne peut être plus homme que les autres, parce que la liberté est semblablement infinie en chacun.
Sartre (Jean-Paul),

 

 Liberté implique responsabilité. C'est là pourquoi la plupart des hommes la redoutent.
(Liberty means responsibility. That is why most men dread it.)
Shaw (George Bernard)
 

Ils veulent être libres et ne savent pas être justes.
Sieyès (Emmanuel Joseph)
 

[...] L'alliance des mots la plus menteuse, un gouvernement qui donne la liberté.
Thierry (Augustin)

 

 Qui cherche dans la liberté autre chose qu'elle-même est fait pour servir.
Tocqueville (Charles Alexis Clérel ),
 

Créer est aussi difficile que d'être libre.
Triolet (Elsa)

 

 Rien au monde ne peut empêcher l'homme de se sentir né pour la liberté. Jamais, quoi qu'il advienne, il ne peut accepter la servitude ; car il pense.
Weil (Simone)

 

Articles & Editos

Combat pour la recherche, combat pour la liberté

Edouard Fillias, le 2 novembre 2003


 


Merci d'être venus si nombreux aujourd'hui, sur le Champ de Mars, bravant le froid et la pluie. Vous avez eu le courage de venir défendre une cause noble, au moment opportun. La semaine prochaine sera vraisemblablement levé le moratoire européen sur les OGM. Ces derniers sont déjà au cour du débat public, tristement troublé par 27 arrachages sauvages de plants expérimentaux, intervenus durant l'été, ruinant des années de travaux de recherche.

Peut-on, en réalité, parler d'un débat ? Là où certains prétendent apporter une réflexion scientifique et argumentée, nous ne voyons que des saccages sauvages et illégaux. Là où certains glosent sur le principe de précaution, n'apparaît qu'une frilosité sans âge.

Notre combat d'aujourd'hui, pour la libre recherche, est dans la ligne de notre engagement du mois de juin, contre les blocages de quelques syndicats, pour que les réformes nécessaires au pays soient accomplies. Ici, nous nous opposons au blocage de notre recherche génétique en agronomie. Nous défendons l'information des citoyens et l'innovation scientifique et technique. Nous nous opposons à la pression d'une minorité agissante et illégitime qui tente d'imposer ses vues au plus grand nombre.

Oui, nous revendiquons le droit de prendre nos risques, d'opérer nos propres choix. Qui sont-ils, ces activistes arracheurs ? Qui sont-ils pour vouloir nous protéger contre nous même et notre faculté d'exercer notre esprit critique ?

En tant que citoyen, je souhaite être informé sur les OGM et décider si oui, ou non, il me convient d'en manger. Je souhaite, en tant que malade, bénéficier des possibles débouchés de la recherche médicale, via les OGM. Je veux, en tant que défenseur de l'environnement, explorer les possibilités qu'offrent les OGM de supprimer les pesticides et autres herbicides, et de combattre l'effet de serre. En effet, la semaine dernière, le ministère japonais de la recherche a présenté un eucalyptus capable d'absorber 20 % de plus de dioxyde de carbone : un outil nouveau pour les défenseurs de la nature. Enfin, en tant qu'ami de l'humanité et de tous mes semblables, je souhaite que tous les peuples qui n'ont pas de terre arable en quantité suffisante puissent se nourrir convenablement.

Je ne comprends ni n'admet les atteintes portées en France à la liberté de recherche. La France est malheureusement la seule démocratie occidentale où de telles exactions ont lieu. C'est d'autant plus incompréhensible que notre pays a une réelle tradition scientifique. Descartes, Condorcet, Lavoisier, Pasteur, Marie Curie : nos scientifiques se sont illustrés par leur dévouement et la grandeur de leurs projets. Ils sont les dignes héritiers de l'Esprit des Lumières, avec comme maîtres mots ouverture d'esprit et tolérance. Comment expliquer, avec ce patrimoine culturel et intellectuel, l'avènement du José Bovisme ? C'est inexplicable...

Notre action d'aujourd'hui n'est pas qu'un « coup » isolé. Nous nous adossons à une pétition de plus de 2100 chercheurs, du public et du privé, intitulée « défendons la recherche », pour que la recherche française travaille en sécurité, en paix, et que l'information scientifique aux citoyens soit libérée. L'association « Liberté, j'écris ton nom » compte bien accompagner ce mouvement de résistance aux « casseurs », en organisant symboliquement, dans l'année à venir, plusieurs plantations d'OGM en France. Ainsi nous prouverons qu'il existe une voix différente. Pour la première fois, nous aurons dit « non » aux nouveaux réactionnaires.

Aujourd'hui même, au Champ de Mars, je vous propose de procéder à une plantation symbolique d'OGM. Notre geste ne passera pas inaperçu et il saura lancer un débat dans ce qui n'est pour l'instant qu'un monologue des « antis ». Ni pour, ni contre, pour un vrai débat, pour une recherche libre !

discours prononcé par Edouard Fillias lors du rassemblement du 2 novembre pour la Liberté de la recherche scientifique sur les OGM.

Articles & Editos  

Débat - Dignité, liberté, libéralisme...

-----------------------------------, le 15 mars 2003


Des clochards s'étripent pour une poignée de dollars...Libres ? Oppressés ? Une formule inédite sur le site "liberte-cherie" : nous présentons un débat autour d'un article rédigé par une plume de l'Association. Liberté extrême, situations extrêmes, choix extrêmes ?


Article initial
de Nathanaël Dupré La Tour

Libéralisme et barbarie
(ils ne s'arrêteront pas tout seuls)

Pour qui se soucie de l'avenir de nos sociétés mondialisées et du degré de violence qui sera le leur, un coup d'oil dans la petite lucarne américaine ouvre toujours d'intéressantes perspectives. Du point de vue de la progressive destruction de ce qu'on a appelé durant des siècles la « civilisation », l'année 2002 aura été celle de Bum Fights, les bastons de clochards achetés par les téléspectateurs. La télé-réalité a encore frappé, nous donnant la preuve que, dans ce domaine en tout cas, seul le pire est toujours certain.

Le succès de Bum Fights étant fondé sur l'information en ligne et sur un mode de diffusion étalé dans le temps (la vente de cassettes vidéo), le projet n'a pas eu l'honneur des actualités au même titre que Big Brother, Loft Story, etc. Il concerne pourtant des centaines de milliers de spectateurs, adeptes de ces nouveaux jeux du cirque que sont devenus, après les enfermements collectifs et les adultères programmés, les combats de clochards télévisés.
Le principe est simple : moyennant 20 $, il est possible de se procurer sur le site d'une société de production une cassette vidéo filmant des combats de clochards, réels et ultra-violents. Les clochards sont rétribués entre 20 et 100 $, selon la brutalité de l'affrontement. Les frais d'hospitalisation occasionnés par les fractures et les plaies restent à la charge des producteurs.

Certains acteurs choisissent de se démolir sans l'aide de leurs collègues-concurrents, en s'arrachant les dents avec des tenailles, en mettant le feu à leurs cheveux et en se tapant la tête contre les murs.

Vous êtes bien dans le Nouveau Monde ; la barbarie y est autorisée au nom du premier amendement de la Constitution et de la liberté d'expression. Au reste, elle s'inscrit dans le dernier cadre discriminant que les sociétés post-morales acceptent de comprendre : la loi de l'offre et de la demande. Une fois de plus, le consentement individuel est l'ultime argument des Défenseurs de la Liberté ; seule une plainte déposée par les victimes pourrait faire condamner les producteurs, et celles-ci acceptent de s'auto-mutiler, pourvu qu'elles soient filmées et payées pour le faire. La prostitution devient le fondement du spectacle de masse, et les clients électroniques du vide-ordure planétaire sont chaque jour plus nombreux.

Jusqu'où irons-nous dans l'horreur ? Le magazine allemand Bild nous a donné un commencement de réponse au début du mois de décembre. A Rotenburg, un informaticien a tué et mangé un ingénieur berlinois d'une quarantaine d'années. Ce n'est pas le premier fait divers impliquant un cannibale ; mais ce qui est nouveau ici nous rapproche des auto-mutilations à l'ouvre dans Bum Fights ou de l'incarcération volontaire des lofteurs : la scène est filmée et la victime, contactée par internet, est consentante. Elle a vendu sa voiture et le contenu de son appartement ; puis elle est venue se livrer à son bourreau et aux téléspectateurs à venir.

Deux événements sans lien apparent, mais dont la mise en perspective peut nous permettre d'envisager l'avenir : nous savons qu'il existe non seulement des gens qui acceptent de se faire enfermer, de détruire leur couple ou de démolir leur corps en public, mais aussi des gens qui acceptent de se faire poignarder et découper en morceaux devant une caméra. C'est ce que la société globale des nouvelles technologies d'information et de consommation nous permet de savoir. Ce que nous ne savons pas, en revanche, c'est s'il existe des gens pour interdire le commerce de la torture et de la barbarie consenties, s'il existe des politiques pour préférer l'intérêt de la collectivité à la satisfaction de toutes les pulsions individuelles, à l'heure où n'importe quel psychopathe peut s'emparer, à l'aide d'une webcam, de l'espace public. Une certaine idée de la dignité humaine en dépend, et sa sauvegarde passe par la censure. Ici aussi, l'angélisme est criminel.


Contrepoint
par Maxime Rollin

Il aura fallu patienter jusqu'à la dernière ligne de l'article de Nathanaël pour y lire le mot-clef : « censure ». En revanche, pas besoin d'attendre aussi longtemps pour découvrir le nom du coupable des horreurs décrites : il est dénoncé dès le premier mot du titre; c'est une fois encore la faute du libéralisme.

Ainsi donc, non content d'affamer les enfants africains, de condamner leurs parents séropositifs à mourir sans soins, de jeter les masse prolétariennes des pays riches à la rue pour augmenter les profits de gras actionnaires, le libéralisme serait aussi coupable d'encourager le cannibalisme et de pousser les gens à s'arracher les dents à la tenaille ou à se coiffer au chalumeau !

Quel lien entre le commerce de la violence (objet de l'article) et l'ignoble fait divers de Rotenburg ? A ma connaissance, les films de la scène ont été saisies par la police au domicile du meurtrier et celui-ci n'avait à priori aucune envie de les diffuser. Cette histoire atroce me paraît donc totalement hors-sujet.

Le cas « Bum-Fight » est moins tiré par les cheveux (si j'ose dire). Oui, c'est bien le profit qui pousse leurs producteurs à réaliser ces cassettes. Oui, c'est encore le profit qui motive les gladiateurs des temps modernes. La différence notoire qui les distingue des malheureux qui mourraient dans les arènes est que les clochards - acteurs sont consentants. Comment ne pas comparer ces spectacles clandestins à la boxe, activité des plus légales qui consiste à organiser des affrontements violents (parfois télévisés) entre personnes consentantes, rémunérées. Dès lors que les acteurs de BumFight sont consentants, ils ne sont que des boxeurs clandestins.

La Liberté mérite qu'on la respecte même si en son nom sont commis des actes heurtant les consciences de certains (quel que soit leur nombre !), passant pour immoraux à leurs yeux , tant que ces actes sont librement consentis par les protagonistes et qu'ils ne nuisent à personne. Or « Bum-Fight » me semble tout à fait répondre à ces conditions. Si l'un des participants devait subir une quelconque pression, les auteurs de cette coercition devraient évidemment être sévèrement punis. Quant aux blessures qui peuvent résulter de ce genre de passe-temps, les concurrents en acceptent le risque comme tout individu accepte les risques inhérents à toute action qu'il entreprend. En revanche, l'inaliénabilité du corps humain doit interdire tout contrat autorisant les combats à mort ou les mutilations handicapantes sciemment effectuées par un tiers sur un individu, soit-il consentant.

Enfin, pourquoi la commercialisation (qui vaut au libéralisme d'être désigné comme le responsable) serait-elle un facteur aggravant ? Dès lors qu'une activité est légitime, il n'existe aucune raison valable à la limitation de sa diffusion entre adultes avertis.

Censurer ce genre d'activité pour satisfaire les bonnes consciences légitimement révoltées par la violence est une grave violence faite à la Liberté elle-même. C'est bien tout le danger de la politique!


Contrepoint
par Artid

La question qui est ici posée nous propose de choisir entre la liberté et la dignité humaine. Comme si l'une et l'autre s'avéraient finalement incompatibles.

Le constat est clair, les individus disposent librement de leur corps, de leur personne et en font une monnaie d'échange. Du point de vue de la liberté il n'y a là rien de vraiment choquant. La liberté est sauve, pas la dignité.
Alors faut-il s'attaquer à la liberté pour sauver la dignité ?

Et si l'enjeu était ailleurs. Si la civilisation voulait bien enfin s'attaquer à la misère, la seule véritable cause qui nous ronge encore avec persistance.
Guérir de l'indigence c'est aussi créer des liens durables entre l'humanité, sa liberté et sa dignité.

Après tout, la morale n'alimente pas les pauvres, pas plus que le voyeurisme ou la censure. Même s'il est toujours plus simple de moraliser plutôt que maintenir un libre accès aux richesses nourricières



Contrepoint
par Guillaume

Je souhaitais apporter un petit contrepoint à l'article de Nathaniel Dupré Latour car il me semble, que bien que ses observations sur la télé réalité soient fortement pertinentes (cf mon premier article Travail et Fiction), il élude un peu facilement une partie du problème.
En effet il ne paraît pas faux d'affirmer que les libertés garanties par nos systèmes républicains et démocratiques se fondent sur au moins trois postulats sans lesquels elles n'ont aucune raison d'exister ; ces postulats pourraient être les suivants :
- les citoyens sont responsables
- les citoyens agissent et pensent avec circonspection
- les citoyens sont raisonnables (à défaut d'être intelligents - ce qui serait trop leur demander)

Or il est manifeste que les Bum Fights et autres shows indignes et inhumains ne concordent pas avec les trois postulats justifiant le droit à nos libertés.

Deux questions se posent alors en continuité de l'article de Nathaniel:
- faut-il retirer une certaine part de Liberté à tout le monde alors que seule une partie s'en montre indigne ?
- la loi de l'offre et de la demande est-elle la vraie explication à cette violence achetée ?

Bien sûr, la réponse est deux fois non. Car ce qu'il est important de rappeler, c'est que l'homme, même civilisé, a conservé en lui un instinct sanguinaire qui le rattache toujours à sa nature d'animal. C'est pourquoi ne soyons pas naïfs au point de croire, que tous les amateurs de boxe et de sports de combat, de corridas, de F1, de courses de motos-cross et de tous les sports automobiles dangereux le sont seulement par pur amour de la beauté du sport ; non, il est clair que nombre de ces personnes n'attendent qu'une chose lors du spectacle : c'est la blessure ou l'accident et plus globalement l'effusion de sang. Ce qui est, à une échelle moindre il faut le reconnaître, exactement la même pulsion qui s'exprime chez les acheteurs et spectateurs des Bum Fights, Loft Story etc.

Mais nos sociétés l'acceptent pourtant sans rechigner et en faisant au passage un business dont l'aspect lucratif a rarement (voire jamais) été égalé ailleurs (cf salaire des pilotes de F1, des boxeurs, sans compter les sponsors et les retransmissions dont le prix s'expriment en millions de dollar) ; mais peut-être trouves-tu Nathaniel qu'il est plus « moral » de payer un Schumacher des millions de dollar pour risquer sa vie à chaque Grand Prix (devant des millions de personnes - rien à voir avec les télés réalités - ) que de payer un pauvre clochard dix dollars pour se massacrer la tête ? En ce qui me concerne je pense que ni l'un ni l'autre n'est moral, mais que nous devons l'accepter si Schumi comme les clochards sont consentants et rémunérés car c'est cela même la Liberté de pouvoir disposer de soi et de son corps. D'autre part, pour répondre à ta mention du meurtre cannibale sur internet (y-a-t-il un site ?), s'il est avéré que l'homme qui a été mangé était consentant et en avait posé la demande, il ne s'agit plus vraiment d'un meurtre mais bien plutôt d'un suicide : mais devrions-nous aussi interdire le suicide ? Il s'agit d'une aporie du raisonnement.

En conséquence je peux tirer les conclusions suivantes :
- les shows télé-réalités fonctionnent sur le même principe humain (et animal) que certains shows sportifs ultra-médiatisés, ne condamnons donc pas tout en chour et sans modération en faisant vainement appel à l'éthique
- la liberté de disposer de soi reste en tout état de cause inaliénable
- ce qui est regrettable c'est que les acheteurs et spectateurs ne soient pas assez responsables, circonspects et raisonnables pour ne pas montrer l'indignité à leur enfants (car si pas de demande - plus d'offre).
- mas ce qui est encore plus regrettable c'est qu'il existe des gens assez sots pour se prêter à ces choses dégradantes et avoir si peu de dignité pour en être les acteurs volontaires. C'est eux qu'il faut condamner en premier car c'est eux qui entravent la morale mais cependant sans pouvoir agir car il faut se faire à l'idée simple qu'on ne peut pas interdire aux gens d'être de fieffés imbéciles ; bien naïf sera celui qui croira le contraire.
- ne mettons pas toute la faute sur le dos de la société globale qui s'auto-régulera lorsque l'heure sera venue et regrettons l'universelle sottise humaine.


Réponse aux contrepoints
par Nathanaël Dupré La Tour

Quand j'entends le mot censure...

Un article intitulé « libéralisme et barbarie » - le titre choisi avait pour objet de provoquer quelques réactions - m'a valu quelques remarques, plus ou moins épidermiques. Elles me conduisent à préciser un point qui me paraît crucial dans la recherche de ce qu'on appelle « être libre ».

Avant de comparer Bum Fight à de la « boxe clandestine », sans se poser un instant la question, déterminante ici, de l'auto-mutilation (pratiquant un sport de combat, je sais bien qu'aucun d'entre nous n'aurait l'idée de diriger contre soi-même sa propre violence ou celle, catalysée, du public), un lecteur déclare hors-sujet le lien fait dans l'article entre le fait divers de Rotenburg et les combats de clochards.

Il me faut donc poser explicitement la question que sous-entendait l'article précédent :
·[1] la vente de cassettes contenant des scènes d'auto-mutilation est autorisée tant que les personnes qui s'auto-mutilent, consentantes, ne portent pas plainte
·[2] il existe des gens assez gravement perturbés pour consentir à se laisser tuer, puis découper en morceaux devant une caméra
·[3] si demain, le fait divers [2] est commercialisé sous la forme [1], sa vente sera-t-elle autorisée ?

Tant qu'on fait de la liberté individuelle le critère ultime de toute politique en matière de divertissements de masse, et que l'on trace un signe « égale » entre liberté et consentement, je ne vois pas du tout ce qui pourrait interdire, sinon le meurtre en direct - il reste interdit à un citoyen d'en tuer un autre, même consentant, dans les États où l'euthanasie n'est pas autorisée - du moins toutes les mises en scène de mutilations ou traitements dégradants qui affectent ce que le Conseil d'État a étrangement décrit dans un arrêt célèbre comme une « composante de l'ordre public » : la dignité humaine.

L'inoubliable formule du commissaire du gouvernement (« le consentement du nain au traitement dégradant qu'il subit nous paraît donc juridiquement indifférent ») me paraît un signe de courage politique exemplaire, à l'heure où les tenants de l'ordre moral libertaire - qui est un ordre moral comme un autre, il suffit de lire les insultes que m'ont valu cet article pour en avoir une assez claire conscience - signent les pétitions sur la fameuse « liberté de se prostituer ».

Si le consentement individuel est le seul critère que nous retenions pour définir la liberté (encore une fois, n'importe quel fumeur est capable de savoir que le consentement n'est pas toujours un signe de liberté), c'est la mort de la politique comme projet de communauté. Parce que l'essence de la politique, c'est la limitation de la liberté individuelle, et parce que la liberté politique, c'est autre chose que le consentement à suivre ce que Leibniz appelait la « pente des plaisirs présents ».

Il ne s'agit pas de nier l'existence de la liberté sous prétexte que le consentement est un leurre (« Telle est cette liberté humaine que tous se vantent de posséder et qui consiste en cela seul que les hommes ont conscience de leurs appétits et ignorent les causes qui les déterminent . »), mais de lui donner un sens un peu moins réducteur, en la définissant par la participation aux règles communes. Et parmi ces dernières, celles qui font de la dignité humaine une valeur absolue à laquelle on ne touche pas, quelle que soit l'étendue des profits commerciaux en jeu.

Parce qu'une société sans règles, c'est Bum Fight ; et que je ne crois pas qu'aucun des Défenseurs de la Liberté ne voudrait de celle des clients du nouvel e-cirque.
 

 

Articles & Editos  

Le risque de la Liberte

Gonzague Basset-Chercot, le 24 juin 2003


Dimanche 15 juin, plusieurs dizaines de milliers de personnes nous ont rejoints place du Châtelet et place de la Concorde pour exprimer une volonté commune. D'une part soutenir la réforme des retraites, d'autre part ne pas céder aux manouvres de blocage du pays par certains syndicats.

Au lendemain de ce grand rassemblement, il fut bien surprenant d'entendre tel haut responsable de parti assurer vertement qu'une semblable action ne pouvait qu'être orchestrée et commanditée par le parti adverse. Assertion non seulement fausse mais surtout bien loin de la conception que nous avons de notre liberté. N'en déplaise à certains commissaires de la politique, nous ne pensons pas qu'il faille être subordonné à un parti pour défendre une cause qui nous semble juste. N'en déplaise aux calculateurs madrés, nous ne pensons pas qu'il faille être idéologue pour défendre une idée qui nous semble juste.
C'est la marque d'un profond mépris que de faire de la foule qui s'est rassemblée dimanche 15 juin une armée de militants à la solde de telle ou telle officine. La marque d'une profonde ignorance que de penser que les prises de positions et les choix de société sont nécessairement inféodés à des choix partisans. Comme si en l'espèce, la question de la survie de notre système de retraites par répartition pouvait être ramenée à de simples antagonismes de clans.

Certains professionnels de la politique ont l'habitude de transformer les événements en propriétés de parti. Mais nous ne faisons pas profession de politique. Notre association libérale n'a d'autre vocation aujourd'hui que de participer par le débat aux enjeux de la cité (polis). Le temps n'est pas venu que nous compromettions notre liberté dans le combat partisan (polemos). Gens de volonté et non de pouvoir, nous sommes étrangers au marketing politique, qui consiste à considérer les personnes moins comme des citoyens responsables que comme des clients manipulables.
Pour autant, il n'est pas d'engagement sans responsabilité. C'est pourquoi nous répondons de nos actes et assumons qu'ils puissent nous engager. Notre indépendance ne nous interdit pas de ressentir des sympathies, des inclinations voire des admirations. Si l'on ne peut prêter à notre association des sujétions, libre à chacun de lui prêter des affinités.

Nous avons une approche au long cours de la liberté.
Pour nous, la liberté est moins un dû qu'une conquête qui nécessite d'assumer sa part de travail et d'action en ce sens. La liberté est autant un héritage à honorer qu'un testament à préparer. Il nous importe de la léguer non seulement intacte mais encore augmentée à nos successeurs. C'est pourquoi nous ne concevons pas une liberté qui se ferait aujourd'hui, au mépris d'hier et de demain.
Au plan économique, nous privilégions la pérennité de nos modèles fondateurs à ses privilèges du moment. Les risques audacieux de la libre entreprise aux acquis immuables des rentes de situation.
Nous acceptons que le gouvernement soit fort, pas qu'une administration tutélaire fasse plier les choix individuels et hébète le libre-arbitre. Il est des libertés individuelles qui encouragent et favorisent les libertés de groupe, il est des gestions collectives qui nivellent et assombrissent le destin des individus.
Nous préférons la démocratie du changement et de l'ouverture au despotisme du statu quo et du repli.

Nous avons une approche en mouvement de l'égalité.
Nous pensons que l'égalité procède de la liberté, non pas qu'elle peut s'y substituer. De même que sa propre liberté ne peut se faire aux dépens de celle d'autrui, l'égalité ne peut se faire aux dépens des volontés individuelles.
L'égalité ne dispense ni de solidarité ni d'émulation. Sans solidarité, l'égalité perd son âme. Sans émulation, elle perd son souffle. La recherche de l'égalité nécessite de corriger les misères et les injustices. C'est là une des salutaires missions de l'Etat. Mais l'égalité n'est que le pâle uniforme de la médiocrité quand il n'est plus donné à l'homme de se dépasser et de chercher la réussite. « Une nation ne peut rester longtemps forte quand chaque homme y est individuellement faible » (Tocqueville). Sans passion pour l'individu, la passion de l'égalitarisme peut isoler, affaiblir et asservir les hommes.
Nous recherchons l'excellence, non pour revendiquer une quelconque supériorité mais pour participer ensemble à l'invention d'un visage toujours nouveau du réel.

Nous pensons que la démocratie est fille de fraternité.
La fraternité est le nerf de la politique, sa source en même temps que sa fécondité. Pour nous, l'engagement politique est l'hommage que l'action individuelle rend à la conscience collective. Notre humanisme nous pousse à la fois à considérer l'individu comme le centre du progrès collectif, et le groupe comme le cercle de l'accomplissement individuel.
Nous refusons de nous engager pour opposer, contester et détruire. La démocratie, ce n'est pas le dévergondage de l'individualisme au mépris des intérêts du groupe et des générations futures. La fraternité, ce n'est pas le recours à la violence et au terrorisme social pour défendre des intérêts corporatistes.
Membres d'une association, nous croyons qu'il est toujours possible de sortir de l'isolement, de s'unir et de s'assembler pour être plus fort. Ouverts à l'autre et à l'avenir, nous récusons les adeptes du soupçon et du repli, dont le premier regard est un regard méfiant de crispation. Notre premier réflexe de vigilance et de lucidité s'accommode très bien de notre bienveillance et de notre optimisme.

Ecrire le nom de la liberté n'est pas chose gratuite. Qui se revendique de la liberté prend toujours un risque. Les chercheurs de liberté sont souvent suspects d'ambition démesurée, chercheurs d'or au mieux ivres de leur découvertes, au pire aigris de leur quête insatisfaite. Gens d'actions et non rêveurs, nous courons ce risque à la hauteur de l'idéal d'exister. La fidélité à ce risque nous conduit à cheminer librement au devant de notre destinée.
« Ayons donc de l'avenir cette crainte salutaire qui fait veiller et combattre, et non cette sorte de terreur molle et oisive qui abat les cours et les énerve. » (Tocqueville)

 

 

 

 

 

 

liberté, état dans lequel un sujet peut agir sans contrainte ni obstacle, et qui lui permet de déterminer en toute autonomie les fins de son action ainsi que les moyens d'y parvenir.

 

On peut distinguer deux principaux types de liberté, comme l'affirme Montesquieu dans De l'esprit des lois (1748) : la « liberté philosophique », qui consiste dans l'exercice de la volonté, et la « liberté politique », qui désigne les droits des citoyens au sein d'une société.

 

2  CONCEPTIONS PHILOSOPHIQUES

 

La notion de liberté dans la philosophie grecque fut envisagée dans son rapport avec celle de destin. En vertu des thèses soutenues par le stoïcisme, l'Homme doit se conformer aux lois de la nature : plus il se résigne à son sort, qui s'inscrit dans l'harmonie universelle, plus il est libre. Pour Aristote, la liberté se traduit par des actions volontaires qui n'obéissent pas à des contraintes extérieures, mais procèdent de l'individu clairement conscient des conditions particulières dans lesquelles il entreprend d'agir. Sans viser le Bien, ajoutait Plotin, prolongeant le raisonnement d'Aristote, il ne peut y avoir d'action libre.

 

Les penseurs chrétiens, comme saint Augustin et saint Thomas d'Equin, considéraient que l'Homme doit se libérer du péché originel et de l'asservissement au corps pour accéder au libre arbitre.

 

Dans les Méditations métaphysiques (1641), Descartes énonce que nous trouvons dans notre conscience la certitude d'un libre arbitre aussi infini que celui de Dieu lui-même. La liberté s'acquiert dans la pensée, qui conduit à la vérité en passant par le doute. La « libre-pensée » ne se soucie donc que de l'évidence du vrai.

 

Il n'existe qu'une seule substance, « Dieu, c'est-à-dire la Nature », qui pense et agit librement, affirme Spinoza dans l'Éthique (1674). Si les hommes se croient libres, c'est parce qu'ils sont conscients de leurs actions et de leurs appétits, mais ignorent les causes qui les déterminent.

 

Diderot conlut même que le mot « liberté » est vide de sens : il ne peut y avoir des êtres libres, car « nous ne sommes que ce qui convient à l'ordre général, à l'organisation, à la chaîne des événements » (Lettre à Landois, 1756).

 

Dans la Critique de la raison pure (1781), Kant aborde la question de savoir si l'Homme est soumis à la nécessité ou s'il jouit d'une liberté réelle. Il qualifie cette contradiction d'« antinomie de la raison pure » pour montrer que la raison peut adopter chacune des deux thèses, mais qu'elle ne peut pas démontrer laquelle est la bonne, car le problème ainsi posé dépasse les pouvoirs de la raison pure. En revanche, en différenciant les phénomènes des noumènes, Kant peut affirmer qu'une totale nécessité gouverne les phénomènes - d'où l'existence des sciences qui reposent sur le déterminisme - et qu'il existe pour l'Homme, au niveau du noumène, la liberté pratique, c'est-à-dire « l'indépendance de la volonté à l'égard de toute loi autre que la loi morale » (Critique de la raison pratique, 1788). Ainsi, la dimension morale de la liberté apparaît comme essentielle : l'autonomie, qui fait la grandeur de l'Homme, consiste à suivre la volonté raisonnable, qui n'obéit qu'à sa propre loi.

 

Nietzsche récusa la notion de liberté. « L'Homme agissant lui-même est dans l'illusion du libre arbitre », affirme-t'il dans Humain, trop humain (1878), partant de l'hypothèse selon laquelle rien n'échappe dans le monde à la nécessité. Il faudrait être omniscient, estime-t'il, pour pouvoir « calculer mathématiquement » toutes les actions humaines, or si notre savoir était illimité, il révélerait que la liberté est une illusion.

 

L'Homme est « condamné à être libre », proclame Sartre dans l'Être et le Néant (1943), considérant la liberté, à l'instar de Kierkegaard, comme la possibilité de faire des choix, et soutenant comme lui que l'individu enfermé dans sa singularité ne dispose que de choix relatifs. Pour Heidegger, un autre représentant de l'existentialisme, la liberté consiste à se détacher de la vie quotidienne et de son insignifiance pour s'abandonner « au dévoilement de l'étant ».

 

3  CONCEPTIONS POLITIQUES

 

La liberté politique, qui correspond à la liberté d'action dont dispose l'individu dans la cité, concerne le rapport du sujet aux autres, et non pas à lui-même. C'est une liberté d'exécution, et non pas de décision : elle n'est pas du même ordre que la liberté philosophique, mais, en dernière instance, se fonde sur elle.

 

L'individu ne s'interroge pas tant sur sa liberté que sur celle des autres, car les libertés non régulées des autres peuvent toujours faire obstacle à la sienne. Il peut considérer qu'il est en concurrence avec autrui : il voit alors une source de désavantage dans le fait que les autres s'emparent librement de biens matériels ou de richesses spirituelles ; mais il peut estimer que la liberté d'autrui détruit la sienne, engendre sa dépendance, son aliénation, son assujettissement, conduit en fait à la limitation ou à la suppression de sa liberté. Hobbes offre une analyse approfondie de ces craintes dans le Léviathan (1651), en affirmant qu'elles sont liées à la peur de la mort, qui gouverne les actions humaines.

 

La liberté politique s'avère donc indispensable à l'épanouissement de l'individu tout en présentant une entrave à son bonheur, qui ne dépend pas seulement de lui mais aussi du groupe auquel il appartient. Analysant cette contradiction, Rousseau arrive à la conclusion, dans Du contrat social (1762) et les Lettres de la montagne (1764), que seul l'établissement de lois peut garantir la liberté de chacun : « Il n'y a point de liberté sans Lois, ni où quelqu'un est au-dessus des Lois. » Il convient donc d'instaurer des lois justes qui rendent possible la liberté de chaque citoyen car, en l'absence de cette forme de régulation, il existe toujours un risque de révolte, de désordre et donc d'anéantissement de la liberté de tous. La légalité et l'égalité, garanties par un État juste, constituent donc les conditions de la liberté : les hommes doivent être égaux devant la loi pour qu'il y ait liberté ; il n'y a de liberté que s'il y a liberté de tous, par tous et pour tous.

 

Si la liberté de l'individu a pour limite celle d'autrui, le sujet cesse de traiter ses semblables comme des ennemis, comme dans l'état de nature décrit par Hobbes ; il adhère alors au principe établi par la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. »

 

C'est dans le même esprit que la Révolution française a aboli les privilèges et prôné la devise ternaire « Liberté, Égalité, Fraternité ». Pour instaurer des libertés concrètes, il fallait d'abord garantir le cadre général dans lequel elles pouvaient s'exercer, c'est-à-dire la société politique. Ainsi passait-on d'une notion abstraite de liberté, pensée dans son unicité, à une conception concrète des libertés, envisagées dans leur pluralité. Telle fut la transition de la liberté aux droits, qui ouvrit la voie à la liberté physique, à la liberté de conscience, à la liberté d'expression et aux libertés publiques.

 

La liberté individuelle se réalise dans l'Histoire, affirma Hegel, elle ne prend sens que dans la société civile, dans la famille et dans l'État. L'émancipation politique, économique et sociale implique, selon Marx, que les individus se libèrent de l'esclavage du besoin, de la guerre entre les nations et de la lutte des classes.

 

Les sciences humaines ont montré au XXe siècle que les hommes sont déterminés par leur inconscient et leur milieu familial, comme le révèle la psychanalyse, et par leur milieu social, comme il apparaît dans l'approche introduite par la sociologie. À en croire certains représentants de ces disciplines, le mot « liberté » se rapporte à nos ignorances, tandis que pour d'autres penseurs il se réfère à l'idée qui gouverne l'existence humaine

 

 

presse, liberté de la, principe politique et juridique, qui, comme le principe de la liberté d'expression dont il découle, figure au nombre des principales libertés publiques dans les régimes démocratiques.

 

La liberté de la presse écrite est assurée, en France, par la loi du 29 juillet 1881, toujours en vigueur actuellement. Son article 1 dispose que « l'imprimerie et la librairie sont libres ». Par cette simple formule, le législateur assure ainsi la totale liberté de fabrication et de diffusion de la presse ; la seule exigence concernant sa publication est une déclaration préalable au parquet.

 

Le contenu de la presse étant libre, le délit d'opinion n'existe pas. Cependant, le droit a imposé des limites à cette liberté (le non-respect de ces limites constituant des infractions, passibles de peines pénales).

 

La limite en vue de la protection de la morale : la loi de 1881 prévoyait de pouvoir restreindre la liberté de la presse pour outrage aux bonnes mours. Cette formulation a disparu dans le nouveau Code pénal. Cependant, une autre disposition prévoit une nouvelle peine (pouvant aller jusqu'à trois ans de prison et 500 000 F d'amende) concernant la publication ou la diffusion de message à caractère violent ou pornographique, de nature à porter atteinte gravement à la dignité humaine, qui risque d'être exposé à la vue des mineurs.

 

La limite en vue de la sauvegarde de l'ordre public : dans cette catégorie sont comprises les infractions telles que l'offense au chef de l'État, l'atteinte au secret de défense nationale, les apologies de certaines idéologies, du racisme et de la xénophobie.

 

La limite en vue de la protection de la réputation et des droits d'autrui : il s'agit ici des cas d'injures et de diffamation (l'injure étant le fait de porter atteinte à l'honneur d'une personne, tandis que la diffamation implique que l'on fasse référence à un fait précis, qui porte atteinte à l'honneur de la personne).

 

Si les peines pénales ne sont que postérieures à la publication, il faut souligner qu'il est possible à une autorité administrative d'intervenir préalablement dans trois cas : (1) si cette mesure est indispensable pour assurer la sauvegarde de l'ordre public ; (2) si la publication présente un danger pour la jeunesse, en raison de son caractère licencieux ou pornographique, de la place faite à la violence, à la discrimination ou à la haine raciale, à l'incitation, à l'usage, à la détention ou au trafic de stupéfiants (cette disposition d'une loi de 1949 a été étendue à tous types de journaux, y compris ceux qui ne sont pas destinés à la jeunesse, et a permis aux autorités administratives d'y avoir recours, lorsqu'elles ne voulaient pas risquer de se voir déboutées lors de poursuites pénales pour outrage aux bonnes mours ;(3) s'il s'agit d'une publication étrangère, conformément au décret-loi de 1939 pour lutter contre la propagande ennemie, parfois utilisé aujourd'hui pour des raisons politiques et diplomatiques (par exemple, interdiction d'une publication pour ne pas risquer de heurter un gouvernement étranger mis en cause dans ladite publication), mais considéré comme contraire à la Convention européenne des droits de l'Homme, dont l'article 10 affirme en effet : « Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques, et sans considération de frontières ... ».

 

La liberté de la presse est également protégée dans sa dimension économique, avec la réglementation sur la concentration des entreprises de presse, qui vise à éviter la formation de conglomérats, permettant à une ou plusieurs personnes de contrôler un nombre important de publications.

 

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Pouvoir et société au xixe siècle (Gallica)

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bibliographie

Les ouvrages proposés apportent des informations complémentaires sur presse, liberté de la.

 

 

 

Le système des universités islamiques contribua aux grands développements culturels de l'islam. Les universités furent fondées sous forme d'institutions d'éducation religieuse, où les ulémas (savants religieux), les cadis (juges), les muftis (interprètes de la loi), et autres officiels religieux de rang élevé furent formés. Ces officiels formaient une classe politique influente.

 

Au IXe siècle, le calife al-Mamun fonda une académie à Bagdad pour l'étude de sujets laïques et la traduction de textes philosophiques et scientifiques grecs. Au Xe siècle, au Caire, les califes fatimides créèrent la plus prestigieuse université islamique, al-Azhar (« la lumineuse »), qui est restée le centre le plus important d'enseignement islamique.

 

Parmi les autres universités islamiques réputées, la Nizamiya, fondée à Bagdad par l'homme d'État iranien Nizam al-Mulk (1067), enseignait le droit, la théologie et la tradition islamique et comptait parmi ses enseignants le célèbre philosophe Ghazali.

 

 

Qu'il soit un démon

Qu'il soit un démon, qu'il soit noir ou blanc,
Il a le cour pur, il est toute innocence
Qu'il soit né d'amour, ou par accident,
Malheur à celui qui blesse un enfant.


1. Il n'a pas de père, et il n'a pas de mère,
C'est le plus frondeur de tout l'orphelinat
On cite en exemple son sale caractère
Et on le punit car on ne l'aime pas.

Qu'il soit un démon, qu'il soit noir ou blanc,
Il a le cour pur, il est toute innocence
Qu'il soit né d'amour, ou par accident,
Malheur à celui qui blesse un enfant.

2. Il vole au marché, un gâteau, une orange,
Et on le poursuit, il faut le rattraper
On donne l'alerte, on arrête un ange
Et pour se défendre il se met à pleurer.

Qu'il soit un démon, qu'il soit noir ou blanc,
Il a le cour pur, il est toute innocence
Qu'il soit né d'amour, ou par accident,
Malheur à celui qui blesse un enfant.

3. Il est émigré d'un pays de misère
Et dans une école il apprend à parler
Son accent fait rire, il ne peut rien faire
Sans qu'on lui reproche d'être un étranger.

Enrico Macias                                         

 

Au Collège de Guérigny (58),
les Droits de l'Homme se traduisent en poèmes

L'égalité : un rêve possible

Peuples d'ici ou de là-bas,

Vous êtes tous égaux en droits.

Que vous soyez blancs ou noirs

Vous avez les mêmes espoirs.

Enfants de tous les pays

N'écoutez que votre coeur.

Parlez-vous comme des amis,

Vous connaîtrez le bonheur !

Peuple des humains de la terre

Combats les grands malheurs

Et soulage la misère

De tes frères et de tes soeurs.

Un jour, peut-être viendra

Où vous aurez les mêmes droits.

Alors, défendus par les mêmes lois

Vous gagnerez tous les combats.

Delphine, élève de 4ème

 

J'aimerais construire un pont

De la haine à l'amitié

De la pauvreté à la richesse

Du malheur au bonheur

De la mort à la vie

De l'ennemi à l'ami

Des ténèbres au paradis.

Lucas, élève de 5ème

 

Tu es femme je suis homme

Tu es professeur je suis jardinier

Tu es ouvrier je suis patron

Tu es riche je suis pauvre

Tu es connu je ne le suis pas

Tu es français je suis chinois

Nous sommes toi et moi

Des êtres humains

Romain, élève de 5ème

 

EGALITE, FRATERNITE, SOLIDARITE
célébrées en poèmes au Lycée Professionnel F.Dolto de Montceau-les-Mines

C'est le même soleil qui chauffe notre coeur
Qu'importe ta couleur
Qu'importe ta race
Qu'importe ton dieu.

Tous les hommes sont égaux
Tous les hommes sont frères
Sur la même planète
Aimons-nous sans nous faire la guerre.

Moins de souffrance
Moins de famine
Moins de misère sur la terre

Alors les guerres cesseront
La fraternité et la paix l'emporteront

Philippe & Patrice

L'espoir

L'espoir, c'est ce qui est permis
Dans un monde uni.
L'homme aimerait pour lui
Que l'on vive uni.

Survivre est une loi
Vivre est un droit.
Quand tout le monde s'aime et s'aide
Il y a plus de joie.

Dans la peine et dans le froid
Dans la guerre et dans la paix
Dans l'angoisse et la peur
L'homme a toujours des droits.

Depuis que le monde existe
Chacun a le droit de vie.
La survie de l'homme exige pour lui
De s'aider, de s'unir pour la vie.

               Emilie

 

 

La joie ne peut éclater que parmi des gens qui se sentent égaux.
Balzac (Honoré de)
 

L'égalité est l'idéal de l'esprit de l'homme, et l'inégalité, le penchant de son cour.
Bourges (Élémir)
 

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ; les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Droits de l'homme et du citoyen

 

Il est plus facile de proclamer l'égalité que de la réaliser.
Herriot (Édouard)

 

Je l'ai toujours dit : les hommes sont égaux. Il n'y a de véritable distinction que la différence qui peut exister entre eux.
Monnier (Henri)
 

(Le véritable esprit d'égalité ) ne cherche pas à n'avoir point de maître, mais à n'avoir que ses égaux pour maîtres.
Montesquieu

 

Ils  [les Français] veulent l'égalité dans la liberté et, s'ils ne peuvent l'obtenir, ils la veulent encore dans l'esclavage.
Tocqueville

 

 Les mortels sont égaux ; ce n'est point la naissance,
C'est la seule vertu qui fait leur différence.
Voltaire

 

 

Ne pourrait-on même soutenir que c'est parce que les hommes sont inégaux qu'ils ont d'autant plus besoin d'être frères ?
Du Bos (Charles)

L'égoïsme et la haine ont seuls une patrie ;
La fraternité n'en a pas!
Lamartine

 

 Assiste ton frère, qu'il soit oppresseur ou opprimé.
Mahomet, Tradition musulmane.

 
L'égoïsme et la haine ont seuls une patrie ;
La fraternité n'en a pas !
Lamartine

 

 

L'amour, c'est être toujours inquiet de l'autre.
Achard (Marcel)

 

On se donne des souvenirs quand on se quitte.
Achard (Marcel)

 

L'amour est à ceux qui y pensent.
Achard (Marcel)

 


Il y a l'amour [...] Et puis il y a la vie, son ennemie.
Anouilh (Jean)

 
La mort est belle. Elle seule donne à l'amour son vrai climat.
Anouilh (Jean)

 
[...] Je sais de quelles petitesses meurent les plus grandes amours.
Anouilh (Jean)

 
Je sais bien que le plus petit élan d'amour vrai nous rapproche beaucoup plus de Dieu que toute la science que nous pouvons avoir de la création et de ses degrés.
Artaud (Antonin)

 

On gagne l'amour par la conscience d'abord, et par la force de l'amour après.
Artaud (Antonin)


[...] Ô trop vaine science,
qui ne pourrait donner à l'amour guérison              !
Baïf (Jean-  Antoine )

 
L'amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir.
Balzac ( Honoré )

 
L'amour n'est pas seulement un sentiment, il est un art aussi.
Balzac ( Honoré )

 
Les gens qui aiment ne doutent de rien, ou doutent de tout.
Balzac (Honoré )

 
Chanter ne peut guère valoir
Si au-dedans du cour ne se lève le chant              ;
Ni le chant ne peut du cour s'élever
Si n'y réside l'amour pur.

(Chantar no pot gaire valer
Si d'ins del cor no mov lo chans,
Ni chans no pot del cor mover
Si no i es fin' amors corans.)
Bernard de Ventadour

 
Car l'amour est fort comme la Mort
la jalousie inflexible comme le Shéol (séjour des âmes des morts).
Ses traits sont des traits de feu,
une flamme de Yahvé.
 


L'amour est toujours devant vous. Aimez.
Breton (André)

 
L'amour à la sauvage églantine est pareil,
Et l'amitié pareille au houx,
Sombre est le houx, quand l'églantine est tout en fleur,
Mais lequel fleurit avec plus de constance?

(Love is like the wild rose-briar,
Friendship like the holly-tree,
The holly is dark when the rose-briar blooms
But which will bloom most constantly ?)
Brontë (Emily)

 
Tout ce qui est bon dans l'amour appartient aux animaux aussi bien qu'à nous.
Buffon (Georges Louis Leclerc, comte de)

 
L'homme a deux faces : il ne peut pas aimer sans s'aimer.
Camus (Albert)

 
Seule la vérité peut affronter l'injustice. La vérité, ou bien l'amour.
Camus (Albert)

 
Ne vous souvient-il plus que l'amour est, comme la médecine, seulement l'art d'aider la nature.

Choderlos  de Laclos

 
Ceux qui croient avoir trouvé la paix, ce n'est souvent que par défaut d'amour.
Daumal (René)

 
Par la caresse nous sortons de notre enfance mais un seul mot d'amour et c'est notre naissance.
Eluard (Eugène Grindel , dit Paul)

  

Quand je n'aime plus, j'ai autant d'envie de n'être plus aimé, que j'en ai d'être aimé quand j'aime.
Fontenelle (Bernard Le Bovier )

 
La beauté est belle ; la passion, l'amour absolu sont plus beaux et plus adorables.
Gobineau (Joseph Arthur, comte )

 
Oh ! L'amour d'une mère ! Amour que nul n'oublie!
Pain merveilleux qu'un dieu partage et multiplie 
Table toujours servie au paternel foyer !
Chacun en a sa part, et tous l'ont tout entier !
Hugo (Victor)

 
Le prix d'Amour, c'est seulement Amour, [...]
Il faut aimer si l'on veut être aimé.
Urfé ( Honoré )

 

Citations :   Tolérance




"Athées et croyants ne sont séparés que par ce qu'ils ignorent. Comment cela pourrait-il compter davantage que ce qu'ils connaissent: une certaine expérience de la vie, de l'amour, de l'humanité souffrante et courageuse? [...] il serait fou de s'entre-tuer pour ce qu'on ignore. Mieux vaut se battre, ensemble, pour ce que nous connaissons et reconnaissons."
(André Comte-Sponville / né en 1952 / Présentation de la philosophie)

"La tolérance ne devrait être qu'un état transitoire. Elle doit mener au respect."
(Wolfgang Goethe / 1749-1832)

"Une religion qui peut tolérer les autres ne songe guère à sa propagation."
(Charles de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu / 1689-1755 / De l'esprit des lois / 1748)

"Lorsque les lois d'un état ont cru devoir souffrir plusieurs religions, il faut qu'elles les obligent à se tolérer entre elles."
(Charles de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu / 1689-1755 / De l'esprit des lois / 1748)

"Certains hommes croient en un dieu. D'autres en plusieurs. D'autres se tiennent pour agnostiques et refusent de se prononcer. D'autres enfin sont athées. Tous ont à vivre ensemble. Et cette vie commune, depuis la première Déclaration des droits de l'homme, doit assurer à tous à la fois la liberté de conscience et l'égalité de droits."
(Henri Pena-Ruiz / Qu'est-ce que la laïcité ? / 2003)

"Or faire confiance à quelque chose comme une "pente naturelle des religions à la paix" semble non seulement un pari risqué, mais une erreur historique et une faute philosophique. Dans la mesure même où, fussent-elles résignées (ou contraintes) à la paix (ce qu'on appelle la tolérance), les religions ne seront jamais que formellement acquises à une laïcité qui est bien plus que de la tolérance."
(Danièle Sallenave / née en 1940 / dieu.com / 2004)

"La perte de rigueur des enseignements scientifiques, signalée par nos plus grands mathématiciens, a rendu poreuse la frontière du savoir et du croire. Cette rupture peut faire craindre la naissance de générations en qui l'esprit critique aura été remplacé par une adhésion vague à la "tolérance"."
(Danièle Sallenave / née en 1940 / dieu.com / 2004)

"Qu'est-ce que la tolérance ? C'est l'apanage de l'humanité. Nous sommes tous pétris de faiblesses et d'erreurs ; pardonnons-nous réciproquement nos sottises, c'est la première loi de la nature."
(François-Marie Arouet, dit Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)

"La religion tolérait bien des faiblesses, quand on gardait les convenances."
(Emile Zola / 1840-1902 / Nana / 1880)

"La tolérance est le respect des individus mais pas celui des idées ou des croyances."
(LABEL/ Appel pour l'insolence et le blasphème)

 

               HEAL THE WORLD

There's a place in                              Your heart

And I know that it is love                 And this place could 

Be much                                             Brither than tomorrow

And if you really try                          You'll fid there's no need to cry

 

In this place you'll feel                     There's no hurt or sorrow

There are ways                                  To get there

If you care enough                            for the living

Make a little space                            Make a better place

 

                     HEAL THE WORLD

Make it a better place                       For you and for me

And the entire human race               There people cying 

If you care enough                           For living

Make abetter place                           For you and for me

If you want to know why                 There' love that can't lie

LOVE is strong                                It only cares for joyful giving

If we try                                            We shall see.

In this bliss                                       We can not feel

Fear or dread                                    We stop existing and start living

 

There it feels that always                  Love's enough for Us groxing

So make abetter world                     Make a better world

 

 

                     HEAL THE WORLD

 Make it abetter place                      for you and for me

Andthe entire human race                there are people dying

If you care enough                           for the  living

Make abetter place                           for you and for me

 

And the dream we were                  conceived in

Will reveal joyful face                    and the world we once in

Will shine again in grace                 then why do we keep

Strangling life                                  wound this earth

Crucify it's soul                               though it's plain to see

This world is heavenly                     be god's glow

 

We could fly so high                      let our spirits never die

In my heart                                      I feel you are all my brothers

Create a world with                        no fear

Together we'll cry                          happy tears

See the nation turn                          their swords into plowshares

 

We could really get there               if you cared enough for living

Make a little space                         make a better place

 

                     HEAL THE WORD

Make abetter place                         for you and for me

And the entire human race             there are people dying

If you care enough for living         make abetter place for you and for me

And the entire human race             there people dying

If you care enough                         for living

Make a better place                        for you and fou me

There people dying                        if you care enough for living

Make a better place                        for you and for me

                          You and for me

                 You and for me

                         You and for me 

 

 

THE WONDERFUL LIFE

                                   TOGETHER FOR

A  BETTER WORLD .       


 

La loi du 30 juillet 1981 tendant à réprimer certains actes inspirés par le racisme ou la xénophobie

jurisprudence

 

L'application de la loi du 30 juillet 1981 tendant à réprimer certains actes inspirés par le racisme ou la xénophobie touche à l'essentiel de l'activité du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme.

Il est dès lors très facile à comprendre qu'au terme de la première période de six ans d'activité, un manuel de référence doive faire le point quant à l'application de ladite loi.

Comme toujours, la réalisation d'une ouvre de cette envergure ne peut être que le fruit de l'ardeur de toute une équipe qui la conçoit et en assure la bonne marche dans sa globalité ainsi que celle de collaborateurs individuels qui concrétisent le projet. A cet égard, nous remercions Mieke Van de Putte (collaboratrice de staff) et Koen Cooreman (service informatique) pour l'exécution de ce projet.

Nous espérons que ce manuel constituera un stimulant pour la bonne application de la législation antiraciste et nous sommes convaincus qu'il sera d'une grande utilité.

 

Johan Leman

Directeur

Loi du 20 janvier 2003 relative au renforcement de la législation contre le racisme

MONITEUR BELGE, 12 février 2003

 

 

CHAPITRE PREMIER - Disposition générale

Article 1er

La présente loi règle une matière visée à l'article 78 de la Constitution.

 

CHAPITRE II - Modifications de la loi du 30 juillet 1981 tendant à réprimer certains actes inspirés par le racisme ou la xénophobie

Art. 2

À l'article 1er de la loi du 30 juillet 1981 tendant à réprimer certains actes inspirés par le racisme ou la xénophobie, modifié par la loi du 12 avril 1994, sont apportées les modifications suivantes :

1° L'alinéa suivant est inséré entre les alinéas 1er et 2:

« Tout comportement consistant à enjoindre à quiconque de pratiquer une discrimination à l'encontre d'une personne, d'un groupe, d'une communauté ou de leurs membres est considéré comme une discrimination au sens de la présente loi. »;

2° à l'alinéa 2 ancien, devenu l'alinéa 3, au 1°, les mots « en raison de sa race » sont remplacés par les mots « en raison d'une prétendue race » ;

3° dans le même alinéa, au 2°, le mot « rassenscheiding » dans le texte néerlandais est remplacé par le mot « ségrégation » et les mots « de la race » sont remplacés par les mots « d'une prétendue race » ;

4° dans le même alinéa, au 3°, les mots « de sa race, de sa couleur, de son ascendance, de son origine, ou de sa nationalité » sont remplacés par les mots « d'une prétendue race, de sa couleur, de son ascendance ou de son origine nationale ou ethnique » ;

5° dans le même alinéa, au 4°, les mots « de la race, de la couleur, de l'ascendance, de l'origine, ou de la nationalité » sont remplacés par les mots « d'une prétendue race, de la couleur, de l'ascendance ou de l'origine nationale ou ethnique ».

Art. 3

À l'article 2 de la même loi, remplacé par la loi du 12 avril 1994 et modifié par la loi du 26 juin 2000, sont apportées les modifications suivantes :

1° à l'alinéa 1er, les mots « de sa race, de sa couleur, de son ascendance , de son origine ou de sa nationalité » sont remplacés par les mots « d'une prétendue race, de sa couleur, de son ascendance ou de son origine nationale ou ethnique » ;

2° à l'alinéa 2 les mots « de la race, de la couleur, de l'ascendance, de l'origine ou de la nationalité » sont remplacés par les mots « d'une prétendue race, de la couleur, de l'ascendance ou de l'origine nationale ou ethnique ».

Art. 4

À l'article 2 bis de la même loi, inséré par la loi du 12 avril 1994, sont apportées les modifications suivantes:

1° à l'alinéa 1er, les mots «de sa race» sont remplacés par les mots «d'une prétendue race»;

2° l'alinéa suivant est inséré entre les alinéas 1er et 2:

« Les mêmes peines sont appliquées lorsque la discrimination à l'égard d'un groupe, d'une communauté ou de leurs membres est fondée sur la prétendue race, la couleur, l'ascendance ou l'origine nationale ou ethnique de ces membres ou de certains d'entre eux. ».

Art. 5

À l'article 4 de la même loi, modifié par la loi du 12 avril 1994, sont apportées les modifications suivantes :

1° à l'alinéa 1er, les mots « de sa race, de sa couleur, de son ascendance, de son origine ou de sa nationalité » sont remplacés par les mots « d'une prétendue race, de sa couleur, de son ascendance ou de son origine nationale ou ethnique » ;

2° à l'alinéa 2, les mots « de la race de la couleur, de l'ascendance, de l'origine ou de la nationalité » sont remplacés par les mots « d'une prétendue race, de la couleur, de l'ascendance ou de l'origine nationale ou ethnique. ».

Art. 6

Dans la même loi, il est inséré un article 5 ter, rédigé comme suit :

« Art. 5 ter.- Sans préjudice des attributions des officiers de police judiciaire, les fonctionnaires désignés par le Roi surveillent le respect de la présente loi et de ses arrêtés d'exécution.

Ces fonctionnaires exercent cette surveillance conformément aux dispositions de la loi du 16 novembre 1972 concernant l'inspection du travail. ».

 

CHAPITRE III - Modifications de la loi du 15 février 1993
créant un Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme

Art.7

À l'article 2 de la loi du 15 février 1993 créant un Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, modifié par la loi du 13 avril 1995, il est inséré avant la phrase « le Centre est en outre chargé de stimuler la lutte contre la traite des êtres humains » la phrase suivante

«Le Centre a également pour mission de veiller au respect des droits fondamentaux des étrangers, d'éclairer les pouvoirs publics sur la nature et l'ampleur des flux migratoires et de développer la concertation et le dialogue avec tous les acteurs publics et privés concernés par les politiques d'accueil et d'intégration des immigrés.».

Art. 8

À l'article 3 de la même loi, modifié par la loi du 13 avril 1995, les modifications suivantes sont apportées:

1° Il est inséré un 4° bis, rédigé comme suit:

«4 bis. à recevoir, dans les limites de sa mission définie à l'article 2, des plaintes, à les traiter et à accomplir toute mission de médiation qu'il juge utile, ceci sans préjudice des compétences du Collège des médiateurs. ».

2° L'article est complété comme suit :

« 9° à recueillir et publier sans possibilité d'identification des parties en cause, les données statistiques et les décisions jurisprudentielles utiles à l'évaluation de la loi du 30 juillet 1981 précitée et de la loi du...tendant à lutter contre la discrimination et modifiant la loi du 15 février 1993 créant un Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme ;

10° à demander à l'autorité compétente, lorsque le Centre invoque des faits qui permettent de présumer l'existence d'une discrimination, tel que visé par les lois des 30 juillet 1981 et des....précitées, de s'informer et de tenir le Centre informé des résultats de l'analyse des faits dont question. Les autorités informent le Centre de manière motivée des suites qui y sont réservées.

Art. 9

À l'article 4 de la même loi, l'alinéa suivant est inséré entre les alinéas 1er et 2:

« Le ministre de la Justice communique annuellement au Centre les statistiques judiciaires relatives à l'application des lois du 30 juillet 1981 et ..précitées, ainsi que les décisions de justice prises en application de ces lois, sans possibilité d'identification des parties en cause.».

 

CHAPITRE IV - Modification de la loi du 13 mai 1999
contenant le statut disciplinaire des agents des services de police

Art .10

L' article 26 de la loi du 13 mai 1999 portant statut disciplinaire des membres du personnel des services de police, est complété par les alinéas suivants :

« Lorsque le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme communique au Comité permanent de contrôle des services de police ou à l'inspection générale des services de la police fédérale et de la police locale des faits laissant supposer un traitement discriminatoire au sens de la loi du 30 juillet 1981 tendant à réprimer certains actes inspirés par le racisme ou la xénophobie ou de la loi du . tendant à 7 lutter contre la discrimination et modifiant la loi du 15 février 1993 créant un Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, le président du Comité permanent ou l'inspecteur général, selon le cas, fait mener une enquête à propos de ces faits, en informe l'autorité compétente et saisit l'autorité disciplinaire ou judiciaire si les faits le justifient. Le président du Comité permanent ou l'inspecteur général, selon le cas, informe le Centre du suivi réservé à ses démarches et en particulier des suites que l'autorité disciplinaire ou judiciaire a réservées à l'examen des faits.

Si le Comité permanent ou l'Inspection générale est saisi de faits qui laissent supposer un traitement discriminatoire au sens des lois précitées, le président du Comité permanent ou l'inspecteur général, selon le cas, en informe le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme sans communiquer l'identité des parties concernées. Il l'informe également des suites que l'autorité disciplinaire ou judiciaire a réservées à l'examen des faits .».

Art. 11

La présente loi entre en vigueur le jour de sa publication au Moniteur belge.