| A cette occasion, j'ai une pieuse pensée
pour
toutes les nombreuses malheureuses victimes de cette tragédie
et en particulier:
- Feu Smaïl Meziani le beau frère de notre
grande soeur Maya (ou Nanna, comme tu
l'appelais toi), il est décédé,
athyerhem Rebbi, dans son appartement et
dans des circonstances non élucidées
laissant ainsi une grande douleur et un grand
vide au sein de sa famille et de son
entourage. Nous avions passé une partie de nos
vacances scolaires, d'hiver et de printemps
surtout, ensemble, à Mechtras dans la Daïra de
Boghni, Wilaya de Tizi Ouzou d'où il était
originaire. Je garde de ces vacances des
souvenirs - de jeux, de farces, de pique-
nique et de campings - inoubliables. C'est
Khouya M'hamed, le beau frère, qui nous
promenait partout!... Il m'a dit le jour de l'Aïd
Ameziane (trois semaines après ton
départ), avec beaucoup d'émotion et en se
forçant de ne pas pleurer , qu'il aurait
tellement voulu que Feu Smaïl soit parti comme
toi!! Je ne savais pas à ce moment là, qui de
nous deux, lui ou moi, était le plus
inconsolable!!!
- Ma nièce Feue Imen Kaddour, issue de
Takorabt dans la daïra d'Ighil Ali (wilaya de
Bgayet); elle a été "tuée" le 06 Mai
1997, lors
de l'explosion d'une bombe, à la sortie de son
lycée, Frantz Fanon, à Bab El Oued. C'était une délicieuse jeune
fille, croyante et pratiquante, qui a été ravie à sa famille à la fleur de l'âge, elle
n'avait que 18 ans. Elle avait pris un bain et
fait sa prière avant de sortir le matin... C'était très dur pour ses
parents, ses frères et soeurs ainsi que pour toute
la famille; Allah yerrahmek Imen!
Akmirhem Rebbi!... Trois autres lycéennes
sont décédées ce jour là Allah yerhamhoum
wi sebber weldihoum!! Beaucoup d'autres
ont été blessées, dont très gravement... Quoi
dire... Je reviendrai sur ce passage...
- Mon élève, à Akbou: Feu Hamid
Arroum qui a été "tué" pendant qu'il essayait
- dans le cadre de son travail - de "déminer"
une voiture piégée, athirhem Rebbi.
J'ai appris son décès des années plus tard et
çà m'a fait une très grande peine car je
l'aimais beaucoup et puis partir ainsi - et si
jeune! - c'est tellement douloureux. Son frère
L'Houès aussi était mon élève (la même année
d'ailleurs, qui était ma 1ère année dans
l'enseignement) et j'en garde un excellent
souvenir. J'aimerais assurer L'Houès et toute
sa famille de ma profonde compassion et
sympathie et leur souhaiter l'courage
desver.
- Le Dr Belkhenchir que j'ai connu quand il
exerçait à l'Hôpital de Beni Messous. Le jour
où il nous a quitté, Allah yerrahmou, Lamine
(ton beau frère) est arrivé à la maison tout
pale et le visage défait. Je lui ai demandé
alors ce qui n'allait pas et m'a dit qu'un
médecin a été tué. J'ai dit: "...de qui
s'agit il?" - "Le
diabétologue!" répond t-il. J'ai "crié": " ne me
dis pas que c'est le Dr Belkhenchir?!?" IL me
dit: "Si, malheureusement". J'étais mal très
longtemps... Comment réparer cet acte
innommable? Comment remplacer quelqu'un
d'aussi compétent et humain que lui??? En fait, on a mal à chaque perte,
mais c'est encore plus dur quand on connaît la
personne qui s'en va...
- Cette petite fille, qu'on a vu en train de
pleurer son père qu'on venait d'assassiner,
Allah yerrahmou, alors qu'il était sorti pour
lui acheter un Gâteau
d'Anniversaire; qu'a-t-elle fait pour
la marquer, ainsi, à vie en transformant
chacun de ses anniversaires en cauchemar???
- Toutes ces jeunes filles et ces jeunes (et
moins jeunes) femmes, blessées et meurtries,
de manière indélébile,
dans leur chair et dans leur âme... Que sont
elles toutes devenues???
- Toutes ces personnes, Allah yerhemhoum, (journalistes, hommes
ou femmes de lettres, de sciences, de théâtre,...), qui
ont résisté à toutes les pressions et qui ont payé
ainsi, de leur vie, leur loyauté envers leur
Pays. Je pense aussi à ceux qui étaient
menacés ou traqués et qui ont été contraints de
se "terrer" ou de s'exiler - souvent dans des
conditions insoutenables - pour sauver leur
peau et celle de leurs proches.
- Tous ces bergers, toutes ces familles
entières, tous ces "quartiers" entiers, ou
presque, exécutés froidement, sauvagement,
lâchement. Rebbi yerhemhoum oukkel.
...
Il y a tellement à dire sur
ces malheurs... Suivre les infos à la télé, à la radio
ou sur la presse écrite était un rendez- vous
quotidien avec les larmes... et
malheureusement çà continue...
Puisse Dieu leur accorder, à tous les défunts, sa sainte
miséricorde et les accueillir dans son vaste
paradis et puisse t-il soulager la douleur de
toutes leurs familles. Faites Dieu que la "Paix"
revienne pour
que ce cauchemar finisse.
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